Préparation d’un pont attendu entre Cedillo et le Portugal

Cedillo, le village le plus occidental de l’Extrémadure, a attendu plus de trente ans la construction d’un pont qui le relierait à ses voisins portugais, séparés par un fleuve qui a toujours été un lien entre eux. Ce projet de pont, bien que simple en théorie, a traîné en longueur, mais les choses semblent enfin avancer.

Un problème géographique majeur

Cedillo (Cáceres) et Montalvão-Nisa (Portugal) ne sont distants que de 13 kilomètres en ligne recta. Cependant, par la route, il faut parcourir entre 100 et 120 kilomètres pour relier ces deux localités. Cela est dû à la présence d’un barrage géré par Iberdrola à la confluence des rivières Tage et Sever, qui, depuis 1995, interdit l’accès libre au fleuve pour des raisons de sécurité, suite à l’entrée en vigueur de l’Accord de Schengen.

Depuis ce moment, le pont n’ouvre que le week-end, sous surveillance, ce qui a entraîné une séparation artificielle entre ces deux villages frères, comme l’a mentionné Antonio González Riscado, le maire de Cedillo, en poste depuis 1987.

Les longues démarches administratives

Le projet de pont a circulé dans des bureaux et des tables de négociation pendant des décennies. En 2011, la Diputación de Cáceres a renoncé à des fonds européens pour l’ouvrage, et en 2015, lorsqu’un changement de gouvernement a eu lieu, les demandes de financement ont déjà été refusées.

Un tournant a été atteint en mars 2023, lorsque les ministères des Transports d’Espagne et de la Cohésion territoriale du Portugal ont signé une déclaration conjointe pour relancer le projet. En octobre 2024, un accord international a été signé à Faro, établissant le cadre légal pour la construction du pont, avec un engagement du Portugal pour le design, la construction et le financement, tandis que l’Espagne facilitera les démarches administratives.

Des travaux enfin lancés

Les travaux ont débuté en octobre dernier du côté portugais, avec des préparations du terrain menées par l’entreprise Alexandre Barbosa. Le futur pont mesurera environ 160 mètres de long et 11,5 mètres de large, avec deux arches jumelles en béton. Cette conception a été cruciale pour obtenir une déclaration d’impact environnemental favorable, et le coût total du projet dépasse les 19 millions d’euros.

La contribution espagnole

En novembre dernier, un accord a été signé entre le ministère des Transports et la Junta d’Extrémadure pour coordonner les travaux d’accès au pont sur le territoire espagnol, avec un budget de plus de 5,1 millions d’euros, étalés entre 2025 et 2028. Une fois les travaux achevés, la gestion du pont sera transférée à la Junta d’Extrémadure, qui s’occupera également de son entretien.

Les implications de cette infrastructure

Ce pont mettra un terme à un problème qui a longtemps pesé sur les habitants de Cedillo. Des générations ont attendu cette construction, dont la vie quotidienne a été perturbée par cette barrière. Le pont permettra de réduire la distance entre Cáceres et Lisbonne de 70 kilomètres et d’économiser environ une demi-heure de trajet. Le maire de Cedillo a exprimé que ce projet est essentiel pour son village.

Les étapes restantes

Du côté espagnol, les accès au pont sont encore en attente d’attribution lorsque les travaux s’accélèrent du côté portugais. Les deux pays travailleront ensemble à travers une commission technique mixte. Le contrat entre le ministère et la Junta a une durée de validité maximale de quatre ans, renouvelable. Si tout se passe bien, Cedillo pourrait enfin avoir son pont avant la fin de la décennie.



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