Elizabeth Holmes et la technologie en prison
Elizabeth Holmes répond à ses abonnés depuis sa cellule, tandis qu’Harvey Weinstein accorde des interviews à un podcast, tout cela sans quitter le pénitencier. De plus, une prisonnière a lancé un clone généré par IA sur son profil Instagram. Ces occurrences ne sont pas isolées; elles illustrent comment la technologie redéfinit la notion d’”incommunicado” en milieu carcéral.
Utilisation des mobiles en prison
Les mobiles sont en théorie interdits dans les prisons américaines. Cependant, depuis 2009, le Federal Bureau of Prisons utilise un système appelé TRULINCS (Trust Fund Limited Inmate Computer System), qui offre un accès limité à la messagerie électronique, sans connexion Internet. Ce système surveille toutes les communications, avec des messages limités à 13 000 caractères. Les réseaux sociaux restent strictement prohibés.
Le coût de la communication
C’est le proprio reclus lui-même qui finance cet accès restreint, limité à un maximum de 30 contacts externes approuvés. Le coût peut atteindre 0,05 dollars par minute, prélevé directement sur les fonds de l’interné. Avec un salaire mensuel moyen de 15 dollars, utiliser ces services devient un véritable luxe.
Gestion des comptes par des tiers
Les personnalités comme Elizabeth Holmes ou Sam Bankman-Fried, pour maintenir leur influence, délèguent la gestion de leurs réseaux sociaux à des personnes de confiance à l’extérieur. Par exemple, George Santos a révélé que neuf personnes géraient ses profils pendant son incarcération. Cette situation constitue une zone grise tant sur le plan légal qu’éthique, car les règles interdisent clairement aux détenus de gérer des comptes sur les réseaux sociaux.
La situation en Espagne
En Espagne, le panorama est différent. Il n’existe pas de système unifié de messagerie comme TRULINCS. Les technologies disponibles pour les détenus se limitent principalement à des dispositifs analogiques tels que la radio et la télévision. En 2022, une réforme du Règlement pénitentiaire a facilité l’accès au télétravail et aux visioconférences, mais cela dépend de l’infrastructure de chaque établissement.
Les portes de la prison et les médias
Par le passé, les détenus s’exprimaient principalement à travers la télévision. Des journalistes comme Barbara Walters ont popularisé ce format avec des interviews de criminels. Aujourd’hui, les podcasts sont le nouveau moyen pour des journalistes comme Tucker Carlson ou Candace Owens de dialoguer avec des figures controversées, notamment Harvey Weinstein, qui a récemment donné une interview depuis Rikers Island via le podcast de Owens.
L’avènement de l’IA dans la communication carcérale
Un exemple extrême de cette nouvelle tendance est le cas de Nicole Daedone, condamnée en 2025 pour conspiration pour travaux forcés. Son équipe a créé un clone généré par IA qui communiquait avec ses abonnés sur Instagram pendant qu’elle était détenue. Cela soulève des questions éthiques et légales, car aucune loi n’interdit la publication de contenu généré par IA au nom d’un détenu, tant que cela ne se fait pas à l’intérieur de la prison.
Perspectives d’avenir
Les opinions sont partagées. Certains avocats mettent en garde contre les risques que la présentation sur les réseaux sociaux peut entraîner pour l’image des accusés. Cependant, comme le souligne une réflexion récente, Martin Luther King a rédigé sa célèbre ‘Lettre de Birmingham’ sur des papiers que ses avocats ont distribués. Aujourd’hui, son épouse aurait pu le publier sur Twitter.

