Les feux de circulation au Japon : une teinte unique

Rojo, ámbar y verde. Ces trois couleurs définissent les feux de circulation à travers le monde. Mais le Japon, unique en son genre, s’écarte légèrement de cette norme. En effet, dans ce pays, la lumière verte de nombreux feux est perçue comme bleue. Ce phénomène intrigant suscite la curiosité, d’autant plus que le Japon n’est pas signataire de la Convention de Vienne sur les Signaux et Signaux de Trafic, qui compte plus de cinquante États adhérents.

Une histoire de normes et de culture

Adoptée pour la première fois en 1968, cette convention visait à unifier les règles de circulation et à harmoniser les signaux à travers le monde. Cependant, des particularités culturelles ont conduit à des exceptions notables. Le Japon est d’ailleurs connu pour ses feux de circulation, où la priorité est donnée lorsque la lumière est bleue.

Un héritage linguistique

La raison de cette nuance repose largement sur la langue japonaise. Le japonais ne possède pas un terme spécifique pour désigner le vert. Au lieu de cela, la couleur verte est souvent référencée par le terme “Ao”, qui englobe un large éventail de teintes, y compris des nuances de bleu et de turquoise. Cette définition linguistique a façonné la perception des couleurs dans la culture japonaise.

Une évolution historique

Dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, le mot “Midori”, qui fait spécifiquement référence au vert, a été popularisé pour distinguer les couleurs. Cependant, le terme “Ao” est resté couramment utilisé, y compris dans des termes comme aoshingō, la désignation officielle pour le feu vert de circulation, même s’il ne signifie pas strictement “vert”.

Contexte légal et semaphores modernes

En 1960, le Japon a introduit sa propre loi sur la circulation, posant ainsi les bases pour sa gestion des couleurs de semaphores. Bien que cette loi ait été établie avant la Convention de Vienne, une directive de 1973 a précisé que la lumière du feu devait être aussi « bleutée que possible dans le vert », pour un compromis entre tradition et normes internationales.

Une diversité de teintes

Les feux de circulation anciens au Japon affichent un bleu profond, tandis que ceux plus récents exhibent une teinte verte avec des reflets bleuâtres rappelant le turquoise. Quoi qu’il en soit, ces lumières, bien que clairement vertes dans l’intention, ne s’éloignent jamais de la perception bleue qu’impose le terme “Ao”. Cela crée une situation fascinante où la culture et la langue modifient notre compréhension des couleurs.

La spécificité des feux de circulation japonais est un exemple parfait de la façon dont un pays peut conserver ses traditions tout en s’adaptant à un cadre mondial. Ce mélange unique de normes culturelles et linguistiques continue de fasciner les visiteurs du Japon et offre un aperçu précieux de la richesse de son héritage.

Photo | Yuya Sekiguchi



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