La gérance des dénominations de boissons : Une décision historique du TJUE

La prohibition de la dénomination « gin » pour les boissons sans alcool

Le Tribunal de Justice de l’Union Européenne (TJUE) a récemment rendu un verdict marquant, interdisant l’usage du terme « gin » pour désigner des boissons sans alcool. Ce jugement a des conséquences significatives sur le marché des boissons sans alcool, principalement celles qui tentaient d’imiter la célèbre liqueur. À partir de maintenant, seules les eaux-de-vie traditionnelles peuvent revendiquer cette appellation.

Origine du conflit

Ce jugement ne surgit pas par hasard. Il trouve sa source dans une dispute entre une association allemande spécialisée dans la lutte contre la concurrence déloyale et la société PB Vi Goods, qui avait lancé un produit nommé Virgin Gin Alkoholfrei (ginebra virgin sans alcool). En octobre 2023, l’association a remis en question la légalité de cette désignation, arguant qu’elle violait la réglementation européenne sur les spiritueux.

Pour trancher, le Tribunal Régional de Potsdam a décidé de consulter le TJUE pour savoir si l’appellation « gin », même accompagnée du terme « sans alcool », était conforme aux lois européennes.

Les critères de la dénomination légale de la gin

La législation européenne définit la gin comme un produit obtenu par l’aromatisation d’alcool éthylique d’origine agricole avec des baies de genièvre, et exige un taux d’alcool minimum de 37,5 %. Ainsi, le TJUE a statué que la mention « sans alcool » ne remplissait pas les conditions nécessaires pour la dénomination.

Implications pour la clarté des consommateurs

Le TJUE a expliqué que, bien que les consommateurs puissent être en mesure de comprendre qu’un produit étiqueté « ginge sans alcool » ne contient pas d’alcool, cela pourrait prêter à confusion sur ses autres caractéristiques. Même l’ajout de « sans alcool » ne suffit pas à clarifier les attentes des consommateurs concernant le goût et la composition du produit.

Protection des producteurs traditionnels et des consommateurs

Cette décision vise à éviter la confusion entre les produits et à garantir une consommation transparente. Elle ne restreint pas le droit d’entreprise à produire des alternatives sans alcool mais protège le terme « gin », ce qui par conséquent assure une concurrence équitable pour les producteurs traditionnels de gin.

Une tendance vers une réglementation alimentaire stricte

Ce jugement du TJUE s’inscrit dans une tendance plus large de l’Union européenne à réguler les appellations alimentaires. Récemment, un débat a également eu lieu autour de l’utilisation de termes comme « hamburger » ou « saucisse » pour les produits végétaux. Le Parlement européen a statué que ces termes doivent être réservés aux produits carnés.

Conclusion

Avec l’interdiction du terme « gin » pour les boissons sans alcool, le TJUE trace une ligne claire entre les produits traditionnels et leurs successeurs non alcoolisés. Ce verdict est un coup de tonnerre dans l’industrie des spiritueux, marquant le début d’une nouvelle ère où la transparence et la clarté des appellations sont prioritaires pour la protection des consommateurs et des producteurs traditionnels.



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