## Le traumatisme d’Utoya : Mémoires de Hanne

Le 22 juillet 2011, un événement tragique a laissé une empreinte indélébile dans l’histoire norvégienne. Quinze ans après le massacre d’Utoya, Hanne Aukrust-Waagan, alors âgée de 17 ans, continue d’être marquée par cette journée cauchemardesque. Un nouveau monument a été érigé à Oslo pour honorer la mémoire des victimes, mais le parcours de Hanne révèle l’impact personnel de cette tragédie.

### Souvenirs d’un jour fatidique

Hanne se souvient de son départ pour Utoya avec une certaine légèreté. Alors qu’elle faisait du shopping à Oslo pour préparer son séjour, elle avait acheté des bottes en caoutchouc qu’elle adorait. Sur un cliché avant son départ, elle apparaît souriante, vêtue d’une robe estivale, portant fièrement ses bottes. Cependant, la joie de cette journée s’est rapidement transformée en horreur. Le jour du massacre, alors qu’une pluie torrentielle s’abattait sur l’île, Hanne n’a pu revêtir ses bottes. Elle s’est cachée, trop paralysée par la peur pour retrouver ses chaussures.

### Un mémorial pour une tragédie nationale

Pour commémorer ce national traumatisme, un nouveau mémorial a été dévoilé à Oslo. Conçu sous forme de tableau vivant, il est constitué de 300 000 petites pierres, symbolisant les vies perdues. Hanne et d’autres survivants ont eu la chance de participer à sa construction, une manière de faire face à leur passé. “C’est monumental”, déclare Hanne, soulignant la nécessité de prendre position face à cette tragédie.

### La lutte de la survivante

Après avoir quitté Utoya, Hanne a déménagé à Berlin, cherchant à s’éloigner des souvenirs qui la hantaient. En vivant en Allemagne, elle a appris une nouvelle langue, ce qui lui a permis de recontextualiser son récit et de trouver les mots pour exprimer son expérience. Cependant, elle a dû lutter contre le sentiment de culpabilité d’être une survivante. Ce poids a affecté son engagement au sein de l’organisation de jeunesse du Parti travailliste, qu’elle a quitté après le drame.

## Le théâtre comme forme de thérapie

À 32 ans, Hanne se consacre désormais à ses études en droit et a récemment présenté une pièce de théâtre inspirée de son parcours. Intitulée “La fille aux bottes en caoutchouc”, l’œuvre reflète son cheminement vers la guérison. Le choix du théâtre comme médium lui paraît logique. “Le traumatisme est inscrit dans le corps”, explique-t-elle. Elle considère que la scène permet d’incarner les souffrances, les mémoires et les émotions, des éléments inextricablement liés à son vécu.

### Un message d’espoir

Hanne a gravé des mots sur les pierres du mémorial, dont “Nous ne lâchons jamais prise” et “La fille aux bottes en caoutchouc”. Ce geste symbolique incarne sa détermination à ne pas céder à l’oubli et à porter la mémoire des vies perdues. Treize ans après le drame, elle a finalement retrouvé le courage de s’offrir une nouvelle paire de bottes.

Cette histoire poignante montre non seulement l’impact durable d’événements traumatisants, mais aussi la résilience humaine face à l’adversité. Hanne continue de porter son histoire, utilisant son art et ses mots pour guérir et se souvenir.



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