Pour l’arrivée de l’offre de Lufthansa, cela pourrait être une question de quelques jours, voire d’heures. L’étape qui devrait marquer le tournant pour l’avenir d’Ita Airways est attendue comme imminente de la part du géant allemand. Selon des sources du secteur, une éventuelle échéance devrait tomber vers le milieu du mois, donc la semaine prochaine.
L’intérêt des autres entreprises
La voie de l’opération de privatisation de l’entreprise italienne est tracée par la Dpcm publiée au Journal Officiel du 2 janvier et les nouvelles règles du jeu ouvrent la voie à l’entrée de Lufthansa, qui s’est toujours intéressée au marché italien et à les événements de sa plus grande compagnie aérienne. Cependant, le dossier continue d’attirer l’attention d’autres compagnies, comme dans le cas de Delta Airlines qui, même lors de la précédente tentative de privatisation, entre 2018 et 2019, se disait prête à participer avec une participation minoritaire autour de 10%.
Les exigences fixées dans la Dpcm
Au dernier tour donc, sous le gouvernement Draghi, le nom de Delta, ainsi que celui d’Air France KLM, ont été indiqués dans le cadre d’un accord commercial avec le fonds américain Certares choisi par le Mef pour la négociation exclusive, qui puis échoué dans le port. À la lumière des nouveaux développements, Delta dit maintenant qu’il continue de “surveiller de près”. Dans l’hypothèse où ce contrôle se traduirait par des actions concrètes, il faut tenir compte du fait qu’un transporteur non communautaire ne peut pas aller au-delà d’une participation de 49 % dans une compagnie européenne, sous peine de perdre ses droits de vol. Pas de limite cependant pour Lufthansa qui, dans une première phase, comme l’envisage la Dpcm, pourra entrer avec une participation minoritaire et arriver ensuite à détenir la majorité. Rappelons également que l’exigence fixée par la Dpcm est que la majorité du capital d’Ita soit détenue par une compagnie aérienne. Selon les hypothèses, il entrerait avec une participation de 40% avec une mise de fonds calculée à environ 250 millions d’euros.
Hubs en Méditerranée
Avec l’acquisition d’Ita, Lufthansa élargirait sa constellation sur le marché européen après l’acquisition de Swiss, Austrian Airlines, Brussels Airlines et Air Dolomiti et surtout “conquérir” le front sud en arrivant à présider le hub stratégique de la Méditerranée. L’opération pour Ita suivrait, même dans ses modalités, celles déjà réalisées pour l’acquisition de ces sociétés. En janvier dernier, Lufthansa a fait un pas en avant avec MSC, le groupe dirigé par l’armateur Aponte, qui a ensuite fait marche arrière. Après l’impasse de Certares, Lufthansa est entrée dans la data room Ita en novembre dernier. Ita, à plusieurs reprises ces dernières semaines, a confirmé que les interlocutions se déroulaient de manière positive.
Les étapes suivant le préliminaire
Maintenant, la proposition est attendue qui, une fois évaluée positivement par le MEF et le conseil d’administration de l’Ita, devrait donner le ton à la phase de rigueur dans les semaines à venir. En cas de signature d’une vente préliminaire d’ici janvier, les étapes procédurales et d’autorisation nécessaires suivront, comme l’OK de l’UE Antitrust. Pendant ce temps, au rendez-vous, Ita présente un plan de renforcement de la flotte, qui à partir des 65 avions actuels, verra l’arrivée de 39 machines, dont 9 long-courriers en 2023. Cela impliquera de nouvelles embauches de plus de 1 200 nouvelles ressources, dans les postes d’agents de bord, aspirants et certifiés, pilotes et commandants.

