Une Controverse Périscope dans l’Industrie de la K-Beauty

Récemment, une marque coréenne de cosmétiques a été contrainte de présenter des excuses après la promotion d’un blush décrit comme les “joues adorables d’un bébé mongol”. Cette polémique a éclaté lorsque la créatrice de contenu Khaliun a dénoncé sur Instagram l’exploitation d’un stéréotype désuet, créant un tollé mondial. En réponse à cette pression, l’entreprise a modifié sa description pour la remplacer par celle d’une “superbe teinte rose moka”.

Une Industrie à la Démographie Sélective

Cet incident souligne un problème plus vaste : l’industrie cosmétique coréenne, bien qu’exportant ses produits à travers le globe, a historiquement conçu ses cosmétiques pour une seule et même démographie, laissant de côté une grande partie de la population mondiale.

La Montée de la K-Beauty

La fascination pour la K-Beauty a débuté dans les années 2010, centrée principalement sur le soin de la peau. Des concepts tels que le double nettoyage ou la “peau de cristal” ont été mis en avant, ne posant pas de défis d’inclusion. Cependant, la globalisation de la mode et de la musique coréenne via le K-pop et les K-dramas a également renforcé la perception de l’efficacité des produits de beauté coréens.

La Deuxième Vague : Des Ombres sur la Soin

La problématique est devenue plus éclatante avec la seconde vague de la K-Beauty, qui a vu l’introduction de cosmétiques colorés. Les marques, en lançant des fonds de teint souvent limités à des teintes très pâles, ont ignoré les besoins des consommateurs à la peau plus foncée. Ainsi, en se tournant vers l’international, ces consommateurs se sont heurtés à un mur.

Des Standards de Beauté Excluants

Malgré des avancées dans le défi des normes de genre, l’industrie continue de privilégier une esthétique tournée vers la peau claire. Un article académique a qualifié ce phénomène de “racisme culturel”, où une esthétique est présentée comme universelle tout en excluant d’autres corporealités.

Un Contexte Culturel Charge d’Histoire

Dans le contexte asiatique, la préférence pour la peau claire est liée à des racines historiques, où la couleur de la peau symbolisait le statut social. Ce standard, devenu un produit de consommation mondiale, nécessite une relecture dans un contexte global.

Un Marché à Révéler un Potentiel Économique

Le changement est en marche, et certaines marques commencent à démontrer qu’inclure la diversité peut se traduire par des bénéfices financiers. Un exemple clé est TIRTIR, qui a vu des ventes exploser après avoir élargi sa gamme de produits pour répondre aux besoins de consommateurs diversifiés.

Les Réactions au Changement

D’autres marques, telles que Dear Dahlia et K-Brown, se joignent à la danse en proposant des gammes de produits qui prennent contact avec un plus large éventail de teintes de peau. Toutefois, il est essentiel de s’assurer que les efforts pour créer des produits inclusifs ne tombent pas dans le piège d’une caricature.

Une Réflexion sur la Beauté et son Évolution

Ce qui se dessine est une question plus profonde pour l’industrie visant à dépasser la recherche du simple profit. Alors que la K-Beauty a révolutionné les routines de soin et transformé le makeup, un nouveau défi se présente : celle d’offrir une reproduction véritablement authentique de la diversité pour répondre aux demandes d’un marché global.

Une beauté authentique ne doit pas se limiter à quelques teintes, mais doit refléter la réalité d’un monde varié où la beauté s’exprime sous plusieurs formes. L’avenir de la K-Beauty réside peut-être dans cette quête d’une diversité réelle.



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