Le défi industriel de la production automobile en Europe et en Afrique

Dans le monde actuel,  l’industrie automobile  est à un tournant crucial. Les géants de l’automobile cherchent à s’implanter dans des marchés variés tout en tenant compte des restrictions commerciales et des besoins de production locale. L’un des exemples les plus récents et encourageants vient d’Espagne et d’Algérie, où les gouvernements exercent une pression croissante sur les constructeurs automobiles pour qu’ils ajustent leurs méthodes de production.

La stratégie de Chery avec Ebro en Espagne

Lorsque Chery a fait son entrée sur le marché espagnol avec son modèle  Ebro S700  et  S800 , l’idée était de redynamiser la production nationale. Pourtant, en pratique, ces modèles sont surtout des versions du  Chery Tiggo  assemblées avec un système appelé  DKD  (Knock Down). Ce modèle de fonctionnement rappelle celui d’un  puzzle , où les voitures arrivent presque montées dans des conteneurs, pour être finalement assemblées en Espagne. Cela a soulevé des préoccupations sur le véritable degré de  fabrication locale .

Ce système, bien qu’efficace pour relancer l’emploi dans l’ancienne usine Nissan à Barcelone, soulève des questions. En effet, le modèle DKD entraîne une  réduction des emplois  dans la région car il requiert moins de main-d’œuvre et les composants proviennent principalement de Chine. Les  critiques de l’Union Européenne  ne se sont pas fait attendre, car ils ont averti Chery que cette méthode n’éviterait pas les droits de douane sur leurs véhicules électriques, considérant que l’entreprise contournait les règles avec une  minime  investissement local.

Un appel à l’action d’Abdelmajid Tebboune en Algérie

De l’autre côté de la Méditerranée, le Président algérien,  Abdelmajid Tebboune , a exprimé des préoccupations similaires. Dans une interview récente, il a déclaré : «  Nous voulons produire des voitures globales localement , et le temps d’inflation des pneus est terminé. » Son commentaire a mis en lumière la stratégie souvent adoptée par les marques automobiles, qui investissent peu et façonnent leurs opérations pour bénéficier au maximum du marché algérien sans un véritable engagement local.

Pour l’instant, plusieurs grands noms comme  Stellantis ,  Volkswagen , et  Renault  opèrent dans le pays, mais souvent avec des investissements superficiels. Par exemple,  Renault  fabrique le modèle  Symbol  en Algérie de manière similaire à Chery avec le modèle Ebro en Espagne. Les véhicules arrivent déjà montés ou semi-montés, réduisant ainsi l’assemblage local.

Une pression accrue sur les constructeurs automobiles

Face à cette situation, le gouvernement algérien a intensifié ses exigences. Il souhaite que les  constructeurs augmentent l’intégration des pièces locales  dans leurs chaînes de production. Actuellement, seulement  5% des pièces  utilisées par Renault en Algérie proviennent de fournisseurs locaux. L’objectif fixé par le gouvernement est d’atteindre au moins  30%  d’intégration locale d’ici 2026, ce qui pourrait bouleverser les stratégies des grandes entreprises.

Cette dynamique soulève une multitude de questions, notamment : comment ces changements vont-ils impacter les  plans de production  des entreprises comme Hyundai ou Chery, qui ont prévu de produire localement en utilisant le système CKD ? Ces exigences renforcent les préoccupations sur la viabilité économique et l’éthique entourant les méthodes de production.

Conclusion : Vers une responsabilisation de la production locale

La situation actuelle de l’industrie automobile en Espagne et en Algérie nous montre que les temps changent. Alors que les gouvernements cherchent à maximiser l’implication locale des entreprises, ces dernières doivent s’adapter à de nouvelles réalités économiques et politiques. Le défi sera de trouver un équilibre entre la rentabilité et le  développement local durable . À mesure que la pression sur les constructeurs augmente, le modèle du  DKD  pourrait bien être repensé pour répondre aux attentes des gouvernements tout en préservant les intérêts des entreprises. Les prochains mois seront cruciaux pour déterminer si ces stratégies aboutiront à une fabrication plus significative et responsable sur leurs territoires.



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