Le tremblement de terre au Venezuela : un révélateur de la crise institutionnelle

Les tremblements de terre qui ont secoué le Venezuela le 24 juin ont ouvert un nouveau débat national, révélant la fragilité des institutions et la confiance érodée envers la Force armée. Deux officiers retraités, le général Guaicaipuro Lameda Montero et le vice-amiral Jesús Enrique Briceño García, partagent leur vision d’une tragédie qui va au-delà des dommages matériels.

Un moment douloureux pour le Venezuela

Le général Lameda a déclaré que le pays traverse “l’un des moments les plus douloureux de son histoire récente”. La population ressent un profond sentiment d’insécurité, en percevant parfois la Force armée comme un agresseur. Cette situation illustre la rupture entre les citoyens et l’institution chargée de leur protection.

La mission de la Force armée

Pour Lameda, Venezuela fait face à une Force armée qui a “perdu la raison de son existence”. Il souligne que l’uniforme militaire représente un juron : servir la République avant toute convenance personnelle. Chaque membre de la Force armée doit se rappeler qu’ils existent pour protéger la souveraineté nationale et défendre les citoyens, plutôt que de servir des intérêts politiques.

La crise de confiance

Les révélations sur la corruption, les violations des droits de l’homme et l’utilisation politique de la Force armée augmentent le scepticisme populaire. Lameda insiste sur le fait que la perte d’autorité morale est une conséquence tragique lorsque le commandement de l’armée agit pour des intérêts personnels.

Une réponse institutionnelle inadéquate

La réponse face à l’urgence causée par les récents tremblements de terre a été jugée insuffisante par Lameda. Quand des milliers de Vénézuéliens ont besoin de secours, la perception des secours fournis par les institutions a été décevante. Cela soulève une question existentielle : “Pour quoi sert une Force armée qui ne répond pas aux besoins urgents de la patrie ?”


L’analyse du vice-amiral Briceño

Le vice-amiral Briceño renchérit en disant que les récents tremblements de terre ont révélé une nation non préparée, déjà fragile à cause de la destruction de ses institutions. Pendant des années, les décisions ont été prises sans tenir compte du mérite, générant une structure où le professionnalisme a été supplanté par l’obéissance politique.

Nécessité d’une réinvention institutionnelle

Briceño souligne que la reconstruction de l’État nécessite plus que des changements de lois ou de dirigeants. Il est crucial de comprendre le fonctionnement des organisations efficaces et de rétablir un cadre opérationnel de qualité. Cela passe par un engagement envers la formation et le développement professionnel des membres des institutions.

Un besoin urgent de spécialisation

Dans le chaos cré é par les tremblements de terre, Briceño appelle à intégrer des spécialistes qualifiés pour secourir les victimes. Le pays a besoin de rescapeurs, d’ingénieurs et de professionnels de la santé qui soient capables d’agir de manière coordonnée et efficace.

Conclusion : chemin vers la reconstruction

Briceño conclut que le désastre vénézuélien ne peut être uniquement attribué à la nature; il est le reflet de décennies de dégradation institutionnelle. La solution nécessite la restauration d’un État efficace, déspolitisé et orienté vers le progrès.


Le Venezuela fait face à des défis immenses et l’effondrement de ses institutions doit être adressé au plus vite. La reconstruction ne peut se faire sans un profond examen des structures existantes et un retour à des valeurs fondamentales de discipline et de service à la nation. La voix des officiers retraités est un appel à l’action pour redéfinir le rôle essentiel de la Force armée et assurer un avenir meilleur aux Vénézuéliens.



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