Antonella Baccaro (photo de Carlo Furgeri Gilbert).

Vale vaut-il la peine de porter un appareil dentaire à cinquante ans? La question est moins triviale qu’il n’y paraît. Je l’ai remarqué dans les dizaines de commentaires qu’elle a reçus sur mon forum Lonely Soul.

La question a toutes les caractéristiques pour devenir existentielle si l’on y associe l’idée que 50 ans sont un tournant.

Alors, cela a-t-il un sens de redresser nos dents alors que le temps qui nous sépare du moment où nous devrons les changer en masse approche ?

Si ce raisonnement s’applique aux dents, il fonctionne encore plus pour le psychisme. Et puis la question devient : à 50 ans faut-il aller chez le psychologue ?

Il y a ceux du forum qui coupent court : « Cinquante ans est un âge où l’on récolte, on ne sème pas. Les psychologues devraient moins “illusionner”. Quand il n’y a pas de solutions, on travaille sur l’acceptation ».

Un raisonnement qui pourrait s’appliquer à tout : des dents jusqu’aux dents. Et en effet il y a ceux qui se consacrent à énumérer les choses sur lesquelles nous devrions faire la paix:

  • a) avoir des enfants (femmes);
  • b) faire carrière; b-bis) trouver un travail décent (pour ceux qui sont secourus) ;
  • c) acheter une maison (sauf si vous disposez de liquidités immédiates et substantielles) ;
  • d) trouver le grand amour (vous pouvez trouver quelqu’un pour vous accompagner);
  • e) se faire de vrais amis (l’amitié demande du temps et de la spontanéité, ce que nous n’avons pas à 50 ans) ;
  • f) avoir l’air plus jeune (chirurgie esthétique jamais !).

La liste, à laquelle j’ajouterais “se toucher les orteils avec les jambes allongées”, est décourageante. Tous les objectifs à long terme en paient le prix. Mais la perspective est-elle vraiment si triste ?

“On peut tout faire dans la vie, même l’orthodontie à cinquante ans – intervient pragmatiquement un dentiste -. À condition qu’il y ait une dentition saine également d’un point de vue parodontal ».

Le conseil est également bon pour tout le reste, convenablement étendu semble suggérer que, net de ce que la nature ne nous permet plus (avoir des enfants), tout le reste est réalisable. Il suffit d’avoir fait ce qu’à 50 ans vous auriez dû conclure : poser des bases solides.

Qu’il s’agisse de compétences, d’argent, de compétences relationnelles, la différence c’est ce qu’on met de côté à 50. Pour tout le reste, il existe des filtres sur le mobile.

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