La réalité du WiFi à bord des trains en Espagne
Le WiFi à bord des trains en Espagne est devenu un véritable sujet de préoccupation pour les voyageurs qui souhaitent travailler ou se divertir pendant leurs trajets. Les résultats d’une récente étude d’Ookla révèlent des chiffres alarmants : la vitesse médiane de téléchargement atteint à peine 1,45 Mbps en Espagne, ce qui la place parmi les plus bas d’Europe. En comparaison, la Suède domine le classement avec des vitesses impressionnantes de 64,58 Mbps. Ce constat met en lumière une problématique qui affecte de nombreux usagers des chemins de fer en Espagne.
Un problème multicouche
La situation ne se limite pas à une simple faible connexion WiFi à l’intérieur des vagons. Le principal problème réside dans le backhaul, c’est-à-dire la manière dont les trains se connectent aux réseaux mobiles. En Espagne, comme dans de nombreux pays européens, la couverture mobile est principalement conçue pour desservir les zones urbaines et non pas les trains en mouvement. Cela entraîne des zones mortes, des chutes de signal fréquentes et un débit insuffisant entre les grandes villes.
La structure même des infrastructures ferroviaires en Espagne, qui n’ont pas été primées pour leur modernité ni leur adaptabilité, est un facteur clé de cette situation. Des mesures urgentes sont nécessaires pour permettre une connexion fiable pendant les trajets.
Une technologie dépassée à bord
Dans les wagons, la situation ne s’améliore pas. Bien que l’on ne dispose pas de données spécifiques concernant l’Espagne, au Royaume-Uni, des études montrent qu’une part significative des connexions repose toujours sur le WiFi 4, qui date de 2009. Ce standard phonique utilise également la bande des 2,4 GHz, souvent sujet à des interférences et à une congestion du réseau. Cette technologie obsolète limite la qualité de l’expérience, même lorsque la connexion extérieure est acceptable.
Lorsque l’on compare les investissements effectués par d’autres pays européens, on comprend vite pourquoi l’Espagne se trouve à la traîne.
Les solutions proposées par d’autres pays
La Suède
La Suède s’est démarquée par des initiatives politiques audacieuses. Très peu de temps avant 2024, la vitesse des trains n’était que de 2 Mbps. Cela a changé avec la mise en place de fonds publics pour améliorer les infrastructures. Le régulateur PTS a imposé des obligations de couverture ferroviaire aux opérateurs lors des ventes de fréquences, permettant ainsi aux vitesses d’exploser de plus de 30 fois en moins d’un an. Cet exemple illustre bien comment une volonté politique forte peut transformer une situation.
La Suisse
En Suisse, le modèle est différent mais tout aussi efficace. L’opérateur SBB a mis en place un système nommé “FreeSurf” qui permet aux passagers utilisant une carte SIM suisse de se connecter à un réseau sans que cela n’ait d’impact sur leur forfait. Grâce à des balises Bluetooth, le coût est pris en charge par les opérateurs, évitant ainsi le goulet d’étranglement que représente le WiFi classique et améliorant la qualité des données sur les réseaux mobiles.
La France
Quant à la France, elle a investi massivement dans une infrastructure spécifique pour le ferroviaire. Des stations sont installées tous les 2 à 3 kilomètres sur des lignes comme celle de Paris à Lyon. Bien que son classement ne soit pas aussi élevé que celui des pays nordiques, elle offre encore des vitesses supérieures à celles de l’Espagne, atteignant jusqu’à 19,12 Mbps.
Les enjeux structurels
Un autre problème majeur réside dans la conception même des trains modernes. Comme le souligne l’étude d’Ookla, les wagons sont construits avec des matériaux qui bloquent les signaux mobiles, rendant la tâche encore plus difficile. C’est pourquoi certains pays, comme l’Allemagne, investissent dans des technologies permettant de rendre les fenêtres plus perméables aux ondes radio.
Les solutions innovantes
À l’étranger, comme au Japon, en Corée du Sud et à Taiwan, la stratégie est centrée sur le développement des données mobiles plutôt que sur le WiFi à bord. En Taiwan, par exemple, l’État a déjà investi dans l’installation de dispositifs 5G dans les tunnels de leurs trains. En revanche, en Espagne, le défi continue de croître. Des entreprises comme SNCF ou Trenitalia testent l’utilisation de satellites pour améliorer la couverture dans les zones rurales, mais cela reste encore en phase expérimentale.
Face à une telle situation, il est évident qu’une transformation radicale des infrastructures est chaque jour plus nécessaire. En combinant des investissements à l’échelle nationale dans des politiques innovantes et l’utilisation de technologies de pointe, il est possible d’espérer un futur où voyager en train en Espagne deviendra enfin une expérience à la hauteur des attentes.
Avec tout cela, il est temps pour l’Espagne de faire le nécessaire afin d’améliorer ses infrastructures ferroviaires et de rattraper le retard pris sur ses voisins européens.

