Un réseau clandestin de 120 casinos en ligne

Un récent leak impliquant un lanceur d’alerte met en lumière un réseau de près de 120 sites de jeux en ligne, qui ciblent spécifiquement les joueurs allemands sans détenir les licences nécessaires. Ce système est orchestré par un homme d’affaires au passé douteux.

Le témoignage d’un addict

Un jeune technicien, anonyme, partage son expérience dans un centre de consultation sur les addictions à Bayern. À 18 ans, il fréquentait des salles de jeux avant de se tourner vers les casinos en ligne. Initialement, il utilisait des sites légaux, reconnus par la Gemeinsame Glücksspielbehörde der Länder (GGL), tels que Tipico et bwin. Cependant, il a malheureusement perdu la majorité de son argent sur des plateformes non autorisées comme “Rabona” et “Wazamba”, qui négligent souvent les mesures de protection des joueurs.

Soft2Bet, un acteur clé du marché illégal

Les investigations menées par le Bayerischer Rundfunk (BR) et Investigate Europe révèlent que Soft2Bet, un groupe de jeux domicilié à Chypre et Malte, tire des millions d’euros de ces casinos illégaux. Ce groupe, fondé par Uri Poliavich, a généré plus de 600 millions d’euros de revenus entre 2020 et 2024.

Bien que Soft2Bet mette en avant des marques légales opérant dans d’autres pays, des documents internes montrent qu’il procure également l’infrastructure à de nombreux sites non régulés. En mai 2026, les casinos non autorisés qu’ils gèrent ont enregistré environ huit millions de visites en provenance d’Allemagne.

La pression sur les joueurs

Face à un marché florissant d’environ 1,3 million de personnes souffrant de troubles liés aux jeux, les acteurs de ce secteur, notamment des “VIP consultants”, incitent souvent les joueurs à continuer à parier. Certains témoignages révèlent que les comptes de joueurs, initialement fermés pour addiction, sont réactivés, leur contact étant relancé par des offres alléchantes par SMS ou e-mails.

Des bénéfices controversés

Uri Poliavich, qui se présente comme un philanthrope, aurait personnellement reçu plus de 100 millions d’euros de Soft2Bet. En 2020, il a fondé la Yael Foundation, affirmant soutenir des institutions éducatives, notamment en Allemagne. Cependant, la provenance des fonds soulève des questions éthiques, suscitant des interrogations sur un éventuel lien entre ces financements et des revenus provenant d’activités illégales.

La lutte contre le jeu illégal en Allemagne

La Gemeinsame Glücksspielbehörde (GGL) est responsable de la régulation des jeux en ligne en Allemagne. Bien qu’elle reconnaisse Soft2Bet comme un “acte technique intermédiaire”, elle souligne que des efforts sont en cours pour contrer les services impliqués dans le jeu illégal. Le Suchtbeauftragter, Hendrik Streeck, qualifie le jeu illégal d’« organisation criminelle », soulignant la nécessité d’une réglementation plus stricte.

Conclusion

Cette affaire met en lumière les défis croissants liés à l’essor des casinos en ligne non réglementés. Bien que des mesures soient prises pour réguler ce secteur, les enjeux financiers et psychosociaux demeurent préoccupants. Une vigilance accrue est essentielle pour protéger les joueurs et lutter contre les abus dans cette industrie en pleine expansion.



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