700 Ans de la Fondation de Mexico-Tenochtitlan : Un Héritage à Célébrer
Le 26 juillet, la présidente de Mexique, Claudia Sheinbaum, a dirigé une cérémonie marquante pour commémorer les 700 ans de la fondation de Mexico-Tenochtitlan. Cet événement n’est pas seulement une célébration historique, mais un retour sur un héritage riche et complexe qui constitue la base de l’identité nationale mexicaine.
Au cours de cette cérémonie, qui s’est tenue sur la Plaza de la Constitución, Sheinbaum a souligné l’importance du legs mexica comme symbole fondamental de l’identité culturelle du pays. Elle a déclaré : « Reconnaître à Tenochtitlan n’est pas évoquer un passé mort, mais parler du pulso vivo qui résonne sous notre ville. »
Une Célébration de la Culture Mexica
La présidente a été accompagnée par des membres de son gouvernement, des représentants des pueblos originarios et des élèves. Ensemble, ils ont honoré Tenochtitlan, une métropole légendaire, qui est devenue un symbole de pouvoir, d’organisation, de science, d’art et de vision. En évoquant l’aigle sur le nopal, emblème du escudo nacional, elle a expliqué comment les Mexicas avaient transformé une « île inhospita en un empire qui a veneré ses dieux et sa terre. »
Ce regard rétrospectif sur l’histoire a également ouvert la voie à une réflexion critique sur les effets de la colonisation après la chute de Tenochtitlan en 1521. Sheinbaum a mis en lumière la manière dont le colonialisme a tenté de faire honte à l’identité indigène des Mexicains, transformant ainsi cette appartenance en un synonyme de recul, ignorance et barbarie.
Un Appel à la Révélation et à la Fierté Indigène
Clara Brugada, la jefa de Gobierno de la Ciudad de México, a également pris la parole. Elle a fait référence au passé tout en regardant vers l’avenir, évoquant le moment de la fondation mexica sous une lumière poétique : « Aujourd’hui est le jour, comme il y a 700 ans, où le soleil vole comme un immense et puissant aigle au-dessus de la Cuenca de Mexico. »
Elle a également honoré la résilience et l’héritage vivant des pueblos originarios, soulignant que leur patrimoine puissant reste bien ancré dans la culture moderne. « 700 ans après, le legs mexica continue de vibrer à travers nos saveurs ancestrales et notre cosmovision », a-t-elle affirmé.
Brugada n’a pas oublié de rendre hommage à des figures historiques éminentes comme Moctezuma, Cuitláhuac, et Cuauhtémoc, ainsi qu’aux femmes et déesses mexicas telles que Coatlicue, Coyolxauhqui et Tlaltecuhtli. Elle a terminé son discours avec une affirmation adresse à la pérennité de Tenochtitlan : « Tant que le monde existe, la gloire de Mexico Tenochtitlan vivra toujours. »
Des Messages de Résilience et d’Emancipation
La cérémonie a inclus divers discours, notamment celui de l’archéologue Lorena Vázquez, qui a mis en lumière l’urbanisme exceptionnel de Tenochtitlan, ainsi que son symbolisme astrononomique. Une lecture dramatique du testament de doña Isabel Moctezuma, fille de l’empereur, a sans aucun doute touché le public. Ce testament est considéré comme le premier acte d’émancipation des esclaves en Amérique, ajoutant une dimension historique marquante à l’événement.
Ce rassemblement, enveloppé dans le contexte de l’année de la femme indigène, a culminé avec un appel à tous ceux présents : préserver la mémoire, valoriser les racines et embrasser l’orgueil indigène comme partie intégrante du présent et du futur de Mexico.
Les retombées de cette cérémonie ne se limitent pas à une simple commémoration historique. Elles ouvrent la voie à une réévaluation de l’identité mexicaine, intégrant de manière significative les voix des peuples autochtones, tout en se projetant vers un avenir où l’égalité, l’inclusion et la célébration de la diversité culturelle sont au cœur du discours national.
