L’enquête sur la corruption à l’Unité Nationale pour la Gestion des Risques de Catastrophes

L’enquête menée par la Fiscalité Générale de la Nation en Colombie sur le scandale de corruption au sein de l’Unité Nationale pour la Gestion des Risques de Catastrophes (UNGDR) avance à grands pas. À travers cette investigation, des responsables sont accusés d’avoir octroyé des donnations substantielles à des congressistes afin de favoriser des projets de loi promus par le gouvernement dirigé par le président Gustavo Petro.

Les premiers développements de l’enquête

Récemment, deux des principaux impliqués dans cette affaire, Sneyder Pinilla et Olmedo López, ont été pointés du doigt pour avoir remis des fonds destinés à améliorer les conditions de vie de milliers de personnes, notamment en La Guajira. Une nouvelle arrestation a également eu lieu : Jorge Aristizábal, un homme de confiance de César Manrique, ancien directeur du Département Administratif de la Fonction Publique.

Selon des rapports de Blu Radio, Aristizábal se serait rendu de lui-même à l’ancien bâtiment du DAS à Bogotá. Ce dernier est soupçonné d’avoir joué un rôle dans un réseau ayant dirigé des contrats basés sur les fonds de l’UNGDR et de l’Agence Nationale des Terres. Les informations indiquent que près de 100 milliards de pesos colombiens auraient été manipulés dans cette affaire.

Avec son arrestation, six personnes sont désormais impliquées dans le scandale – crédit Fiscalía, Ungrd et ANT

La scission dans les rangs

Avec l’arrestation d’Aristizábal, le nombre total de capturés dans cette affaire s’élève à six. Toutefois, la figure centrale de cet scandale, César Manrique, demeure introuvable, et sa non-comparution à l’audience judiciaire soulève des interrogations quant à son avenir légal et politique. Manrique, ancien directeur de la Fonction Publique, est déjà mentionné dans une affaire précédente concernant la renouvellement du parc automobile policier à Bogotá, qui avait entraîné une condamnation pour corruption.

Une trajectoire marquée par la controverse

Le parcours de Manrique est déjà entaché de controverses. En effet, en lien avec un autre incident lors de son mandat à la mairie de Bogotá, il a subi une peine de dix ans de prison, mais a pu bénéficier d’une liberté conditionnelle. Ses liens avec des affaires de corruption persistent, et sa potentielle implication dans l’escroquerie massive liée à l’UNGDR met davantage en lumière un système profondément enraciné dans la corruption au sein des institutions.

$100.000 millions aurait été le
$100 millions auraient été détournés par Manrique et ses complices de plusieurs institutions publiques – crédit Luisa González/Reuters

Accusations et gestion des fonds

Les accusations portées à l’encontre de Manrique et des autres sont sévères. On avance que les fonds qui devaient servir à résoudre la pénurie d’eau en La Guajira ont été utilisés pour alimenter un système de corruption où ces ressources ont été transformées en “caisse pour le paiement de pots-de-vin en échange d’une accélération des projets chez les législateurs“. Selon l’enquête, des témoignages recueillis montrent que Manrique a joué un rôle clé dans la détournement de ces fonds.

César Manrique, ex-fonctionnaire de confiance
César Manrique, ancien fonctionnaire de confiance du président Petro, doit faire face à des accusations dans le cadre de l’affaire de corruption de l’UNGDR – crédit Colprensa

La réaction des autorités et l’avenir politique

Les autorités judiciaires ont déclaré que leur décision de détenir des accusés repose sur des preuves matérielles suffisantes indiquant leur rôle actif dans le détournement de fonds publics. Six autres fonctionnaires sont également inculpés. Bien que Manrique se soit éloigné des tribunaux, la pression juridique s’intensifie, le cas révélant des entailles profondes dans la confiance publique envers les institutions.

La défense de Manrique prétend qu’en vertu de son statut, il n’est pas tenu de se présenter devant la justice, tandis que les autorités poursuivent leurs efforts pour le localiser. Les incertitudes autour de son sort et celles de d’autres affiliés à Petro continuent de maintenir l’affaire au cœur du débat, à la fois politique et judiciaire, en Colombie.

Ainsi, ce scandale met en lumière non seulement la corruption au sein du gouvernement mais questionne également l’intégrité des institutions et la capacité de l’État à gérer les ressources publiques de manière responsable et éthique. Les prochaines étapes de l’enquête et les actions judiciaires susciteront sans aucun doute de vives réactions au sein de la société colombienne, soucieuse d’une véritable transparence et d’une réforme systémique.



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