L’extension des aides au combustible : ce qui change cet été

Le Conseil des ministres a approuvé ce lundi un nouveau décret qui prolonge les aides au combustible, des mesures mises en place après le début du conflit entre les États-Unis et l’Iran. Bien que les conducteurs bénéficieront d’une réduction des prix du carburant, celle-ci sera progressivement réduite jusqu’à disparaître complètement en octobre.

Une réunion urgente nécessaire pour la prolongation

Le précédent ensemble de mesures expirait le 30 juin, ce qui a poussé le gouvernement à convoquer une réunion extraordinaire du Conseil des ministres. Sans cette mesure, les aides auraient été supprimées subitement, entraînant une hausse radicale des prix du carburant.

Détails des nouvelles réductions

Contrairement au plan antérieur, qui offrait une réduction de la TVA, le nouveau mécanisme se concentre sur la taxe spéciale sur les hydrocarbures. Les remises commencent à 15 centimes par litre en juillet, passent à 10 centimes en août, restent à 5 centimes en septembre et s’éteignent en octobre.

Le vice-président et ministre de l’Économie, Carlos Cuerpo, a confirmé que cette mesure s’adapte à la normalisation des prix du pétrole pour éviter un choc trop important.

Qui n’est pas affecté par cette mesure ?

Certaines catégories, comme les transporteurs, agriculteurs et pêcheurs, ne subiront aucune modification. Ils continueront à bénéficier d’une réduction de 20 centimes par litre, sans diminution progressive. En outre, le décret inclut un budget supplémentaire de 165 millions d’euros pour soutenir le secteur agricole, face à une forte hausse anticipée des coûts des fertilisants.

Mécanismes de protection en cas de hausse

Le décret comprend une clause de réactivation automatique. Si l’inflation des carburants dépasse 15% d’une année sur l’autre, la remise repassera à 20 centimes par litre sans qu’il soit nécessaire d’adopter de nouvelles mesures. Le ministre Cuerpo n’exclut pas d’autres interventions après octobre, si nécessaire.

Ce qui ne sera pas prolongé

La réduction de la TVA sur l’électricité et le gaz, rétablie à 21% depuis le 1er juin, ne sera pas réintroduite. Selon l’Institut national de la statistique (INE), cette normalisation fiscale a contribué à l’augmentation de l’indice des prix à la consommation (IPC), qui reste à 3,2% en juin.

Une mesure structurelle significative

Le nouveau décret prévoit également la suppression progressive de l’impôt sur la production d’énergie électrique. Actuellement fixé à 7%, il sera réduit à 5% cette année, puis à 3,5% en 2027, pour disparaître complètement en 2028. Cela pourrait représenter un économie potentielle de 6% sur les factures des ménages, selon la vice-présidente et ministre de la transition écologique, Sara Aagesen.

Coût total des nouvelles mesures

L’ensemble des mesures mobilise 4,525 milliards d’euros, dont 1,825 milliard en coûts fiscaux directs pour 2026, plus 2,7 milliards liés à la suppression progressive de la taxe sur la production électrique dans les deux prochaines années.

Justifications des mesures

Le gouvernement justifie ces décisions par l’incertitude géopolitique persistante. La situation au Moyen-Orient reste fragile, le trafic dans le détroit d’Ormuz n’étant pas encore complètement normalisé. De plus, le gouvernement craint un rebond de l’inflation à l’approche des vacances d’été. Les estimations du ministère de l’Économie indiquent que les mesures en vigueur depuis le 20 mars ont contribué à contenir l’inflation générale d’environ un point de pourcentage.



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