La Vie en Coïncidence Générationnelle : Une Réponse à la Crise du Logement

En Espagne, la crise du logement s’intensifie. Pour accéder à un bien immobilier, un individu doit débourser près de huit salaires complets, rendant l’achat de maison pratiquement inaccessibile à de nombreux citoyens. La situation devient encore plus préoccupante pour ceux qui doivent composer avec un seul revenu. C’est le cas d’Ainhoa Navarro, une mère célibataire de 50 ans vivant à Valencia, qui partage son toit avec sa mère Marisa, âgée de 76 ans. Selon Ainhoa, “Avec un salaire très limité, il est impossible d’envisager l’embauche de quelqu’un.”

Une Croissance Alarmante des Familles Multigénérationnelles

Navarro fait partie des 16 % de familles espagnoles avec enfants où au moins un grand-parent cohabite. Cette statistique a augmenté de 33 % en quatre ans. Dans les familles monoparentales, ce chiffre atteint 38 % , une proportion trois fois plus élevée que celle des familles biparentales (12 %). Ces données proviennent du rapport intitulé Les foyers intergénérationnels en Espagne : une radiographie de la cohabitation entre grands-parents et petits-enfants, élaboré par le centre d’analyse Funcas.

Les Défis du Logement : Un Situation Difficile

L’accès à la propriété s’est compliqué pour de nombreuses familles. Ainhoa, bien qu’ayant vaincu un cancer du sein, ne parvient pas à obtenir une hypothèque. “Je vis en location car je ne peux pas obtenir de prêt”, admet-elle. À Valence, le prix des loyers a atteint un nouveau record de 13,6 euros par mètre carré en septembre, contrastant avec les 8,2 euros de 2020. Elle paye 1 000 euros par mois de loyer avec sa pension, en plus des autres dépenses du foyer.

Les Conséquences de la Crise Économique

Ce problème d’accès à la logement contribue à l’augmentation de la cohabitation intergénérationnelle. La pandémie a entraîné une reconfiguration des foyers, poussant de nombreuses familles à vivre ensemble pour mieux faire face aux défis économiques et aux besoins de soin. Les données de Funcas indiquent que cette tendance de vie partagée se stabilise, exacerbée par une pression constante sur le marché immobilier due à la rareté des offres de logement et à une instabilité du marché du travail.

Les Familles Monoparentales en Détresse

Dans les foyers parmi les plus vulnérables, la cohabitation avec des grands-parents se révèle être une solution indispensable. Navarro insiste : “Sans ma mère, je ne pourrais pas maintenir ma maison. Les aides destinées aux familles monoparentales sont quasiment inexistantes, contrairement aux familles nombreuses qui bénéficient de multiples subventions.” On note que 30,5 % des enfants vivent dans la pauvreté dans sa communauté.

Réformer le Système de Bien-Être

Le rapport de Funcas met en lumière l’impact de la cohabitation intergénérationnelle sur la pauvreté infantile. Ce phénomène souligne non seulement l’adaptabilité des familles, mais aussi les limites d’un système de bien-être qui dépend fortement de la solidarité familiale. Après la Communauté de Valence, d’autres régions comme Canaries (31,4 %), Galice (26 %), et Ceuta (25,7 %) font face à des situations similaires.

Conclusion

Les défis économiques en Espagne poussent de plus en plus de familles à rechercher la solidarité générationnelle. La cohabitation avec des grands-parents se présente comme une réponse pragmatique aux difficultés d’accès au logement et aux soins, mettant en lumière les inégalités auxquelles font face les foyers monoparentaux et leur besoin urgent de soutien et de visibilité.



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