PsiQuantum : Un pas de géant vers l’ordinateur quantique
En plein cœur du sud de Chicago, sur les vestiges d’une ancienne usine sidérurgique, s’élève un imposant bâtiment de 6 000 mètres carrés. Cet édifice pourrait abriter le premier ordinateur quantique au monde, tolérant aux erreurs et à grande échelle. À l’origine de cette initiative audacieuse se trouve PsiQuantum, une startup basée à Palo Alto, qui s’engage sur une voie peu explorée : la construction de machines quantiques à partir de particules de lumière.
Importance de la Calcul quantique
La calcul quantique se positionne comme une solution prometteuse pour résoudre des problèmes qui demanderaient des millions d’années à des ordinateurs classiques. Cela couvre un large éventail d’applications, allant de la conception de nouveaux médicaments à la simulation de matériaux avancés. Cependant, les prototypes actuels sont souvent trop petits et sujets à des erreurs pour être véritablement fonctionnels.
Victor Peng, le PDG de PsiQuantum, explique que l’entreprise souhaite éviter cette phase intermédiaire et passer directement à la conception d’une machine à grande échelle.
Une approche lumineuse : les particules de la lumière
Contrairement aux géants comme IBM, Google ou Amazon, qui utilisent des circuits supraconducteurs ou des ions pour construire leurs qubits, PsiQuantum mise sur les photons. Cette technique unique est partagée uniquement avec la canadienne Xanadu dans le paysage concurrentiel. Terry Rudolph, l’un des fondateurs de l’entreprise, souligne que les photons conservent leur état quantique plus longtemps que d’autres particules. Toutefois, leur faible interactivité représente un défi pour le calcul.
La solution à cette problématique a été trouvée en 2001 : un groupe de recherche a montré qu’il était possible de simuler ces interactions en faisant passer la lumière à travers un réseau de miroirs et de détecteurs.
Un projet ambitieux
Au lieu d’élargir progressivement ses capacités, PsiQuantum concentre ses efforts sur le développement d’un système conséquent comportant environ un million de qubits physiques. Ce choix stratégique implique que l’entreprise doit avoir presque tous les processus opérationnels en place avant de construire l’ordinateur lui-même.
Pour atteindre cet objectif, PsiQuantum collabore avec GlobalFoundries pour fabriquer ses propres puces, incorporant un matériau céramique particulier qui permet une commutation précise des photons. De plus, cette technologie nécessite moins de refroidissement que d’autres approches, car seule une partie de l’équipement doit être maintenue à des températures proches du zéro absolu.
Un soutien politique solide
Le gouverneur de l’Illinois, JB Pritzker, investit 500 millions de dollars dans le parc Illinois Quantum and Microelectronics pour faire de la région un pôle d’innovation en calcul quantique. Pritzker vise à ne pas répéter l’erreur des années 1990, lorsque des talents locaux ont quitté l’État pour la Californie. Ce parc technologique comptera également d’autres locataires de renom, dont IBM, et accueillera un programme de test de l’agence de défense DARPA.
Quel avenir pour PsiQuantum ?
PsiQuantum a déjà levé plus de 1 milliard de dollars de financement et a reçu 100 millions de la part du gouvernement américain via la CHIPS Act. L’entreprise planifie également une seconde usine à Brisbane, en Australie. Toutefois, elle a revu ses délais à la baisse et ne s’engage plus à lancer un ordinateur quantique opérationnel d’ici 2027, mais prévoit plutôt d’avoir les installations prêtes pour accueillir le hardware.
DARPA évalue la technologie de PsiQuantum depuis 2023 et exprime un optimisme croissant. Son directeur, Micah Stoutimore, a même suggéré qu’un ordinateur quantique à grande échelle pourrait voir le jour d’ici 2033. Si PsiQuantum respecte ses délais, Chicago pourrait être la ville d’origine de cette révolution technologique.

