Pour le salon des tissus Première Vision, l’automne/hiver 23/24 est marqué par une saison éco-responsable et pleine d’aspects cuir qui, grâce à des traitements innovants, s’affranchissent de tout classicisme.
Performance, sophistication, savoir-faire : la palette sémantique utilisée par la plateforme de sourcing Première Vision pour décrire la saison Automne/Hiver 23/24 est construite autour d’un registre résolument contemporain. L’industrie du cuir est loin de laisser les inconditionnels du cuir dénigrer son pain. Au lieu de cela, elle redouble d’inventivité pour non seulement se positionner comme une championne du développement durable et de l’économie circulaire (non, les animaux ne sont pas élevés pour leur cuir, l’industrie le rappelle), mais aussi pour être à la pointe de tendances de la mode.
Retrouver le contentement
Cette saison, elle le démontre avec des propositions qui s’éloignent vigoureusement de tout classicisme. La première tendance tourne autour de ce que l’équipe de Première Vision appelle une redécouverte de la frugalité : cette tendance qui donne au cuir un aspect rustique. Cela se fait en explorant toutes les nuances et structures des sédiments, roches et autres pierres. Elle nécessite des traitements minutieux et sophistiqués : les surfaces sont veloutées, les finitions sont froissées et les brillants sont métallisés pour évoquer le plomb ou l’étain.
Une douceur qui frise parfois la régression
La deuxième tendance se caractérise par une volonté de douceur, parfois à la limite du recul. Baptisée Luxe Candice, cette direction s’exprime en cuir malléable, décrit comme crémeux, et en fourrure, définie par les équipes du spectacle comme ludique. L’envie de douceur et de légèreté reste luxueuse.
Classique, finition à la main et matage
La troisième tendance met en avant les cuirs classiques. Cependant, cette saison, ils sont travaillés avec des finitions à la main et des décorations qui les transportent dans le temps présent, notamment grâce à un passe-partout qui les transporte dans un environnement plus technique. Ces références classiques sont revisitées à travers des grains géométriques, des aspects caoutchouteux et des décors innovants.

Un total look cuir
Selon le salon, ces propositions visent à conquérir l’industrie de la mode avec des silhouettes qui osent aborder les looks en cuir de la tête aux pieds. Dans ce document, les manteaux et les vestes sont présentés comme des chefs-d’œuvre qui utilisent le traitement de la laine qui imite la fourrure. Ces manteaux et vestes s’inspirent de l’univers des loisirs. La fourrure teddy est réinterprétée avec des peaux d’agneau et de mouton aux motifs animaliers ou géométriques, tandis que les copeaux offrent des effets moirés rappelant les peaux d’astrakan, de tigre ou de léopard. Ces hauts chics sont associés à des pantalons amples ornés de ceintures nouées, de grandes poches et de plis prononcés. Premiere Vision prévoit que le prêt-à-porter adoptera les attributs de la maroquinerie à travers des poids plus légers, des grains visibles, une brillance et une patine raffinées.

Enfin, le salon met l’accent sur l’esprit de responsabilité environnementale qui animerait l’industrie du cuir. La plateforme d’approvisionnement rappelle que la transformation responsable du cuir est essentielle à chaque étape de la chaîne de valeur, depuis l’élevage, qui s’appuie sur la traçabilité, assure l’origine des peaux et mesure le bien-être des animaux, jusqu’aux étapes de tannage, retannage et la finition, plus que jamais basées sur les critères de gestion environnementale les plus stricts. Ces critères visent à réduire l’impact de l’eau, de l’énergie, des émissions de gaz, des produits chimiques et des déchets.
Cet article a également été publié sur FashionUnited.uk. Traduction et révision : Barbara Russ

