La plus récente escalade de conflits entre Russes et Ukrainiens cible les entrepôts de commerce électronique, entraînant des tragédies humaines et des pertes économiques sévères. Plusieurs travailleurs ont perdu la vie dans ces attaques menées par des drones et des missiles, et les entreprises constatent un impact financier dévastateur, avec des milliers de clients affectés. Chaque camp prétend que ces installations sont utilisées pour la distribution et l’assemblage de drones militaires.
Le Amazon russe et Nova Poshta
Les Ukrainiens soutiennent que les hostilités ont été initiées par l’armée russe, qui a ciblé en premier lieu Nova Poshta, la principale entreprise de livraison en Ukraine. Dès le début de l’année, des installations de cette société ont été attaquées, notamment un centre innovant à Kiev détruit par trois missiles balistiques en juin, suivi d’une attaque en région de Kharkiv.
En réponse, les forces ukrainiennes ont récemment bombardé des entrepôts de Wildberries, considéré comme le Amazon russe, frappant au moins cinq de ses sites de distribution en territoire russe.
Tatiana Kim, la propriétaire de Wildberries, est l’une des femmes d’affaires les plus riches de Russie.
Cible militaire ou civile ?
À première vue, un entrepôt de commerce électronique semble être une cible civile, servant à la fois les petites entreprises et les consommateurs. Cependant, chaque camp affirme que ces installations sont impliquées dans la logistique militaire, soutenant la distribution de composants pour drones et autres équipements stratégiques.
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré sur X que des opérations avaient frappé avec succès des centres logistiques russes liés à la fourniture d’équipements militaires.
De son côté, le Kremlin a qualifié ces actions d’attaques contre des cibles civiles, accusant le régime de Kiev de terrorisme.
Coûts humains et économiques
Depuis samedi, l’armée ukrainienne a ciblé au moins cinq sites Wildberries, entraînant la mort de neuf personnes, dont sept à Tambov. Les pertes pour Wildberries pourraient atteindre 1,9 milliard de dollars, selon des estimations initiales, et la société ne semble pas prévoir de compenser ses clients.
Nova Poshta, quant à elle, a été durement touchée, avec quatre décès dans une récente attaque à Kharkiv, s’ajoutant aux plus de vingt ouvriers perdus depuis le début du conflit. L’entreprise a investi plus de 2,1 milliards de grivnas (environ 47 millions de dollars) pour reconstruire ses infrastructures dévastées.
Discours sur le crime de guerre
Ces attaques soulèvent des questions éthiques et légales, notamment sur la légitimité de cibler des infrastructures civiles qui pourraient être utilisées pour des fins militaires. La Convention de Genève prohibe strictement ces actes, et les experts juridiques soulignent qu’une preuve substantielle d’un usage militaire est requise pour justifier de telles actions.
En 2024, la Cour pénale internationale a ordonné l’arrestation de hauts responsables militaires russes pour des attaques contre des cibles civiles, renforçant ainsi le débat sur la légalité de ces frappes.
Conséquences pour le front
Le président russe, Vladimir Poutine, a averti que les attaques contre l’arrière russe entraîneraient une réponse militaire renforcée, ce qui est déjà observable avec une intensification des frappes sur des villes ukrainiennes comme Kiev et des ports en mer Noire.
Suite aux récentes attaques sur Wildberries, les attentes sont élevées pour une escalade supplémentaire des hostilités. Selon Bloomberg, Moscou n’envisage plus de renoncer à aucun territoire occupé en Ukraine, réaffirmant ses ambitions dans les régions de Kharkiv, Soumy et Dnipropetrovsk.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a également confirmé une rencontre imminente avec le secrétaire d’État américain, soulignant la pertinence continue des relations géopolitiques au cœur de ce conflit.
