La quête de la motivation au travail : un besoin croissant parmi les dirigeants
Ces dernières années, un phénomène surprenant a émergé parmi les dirigeants d’entreprise : une majorité d’entre eux ne cherchent plus à grimper les échelons ou à changer d’entreprise. Au contraire, ils aspirent à retrouver la motivation et l’engagement dans leurs postes actuels. Cette réalité est mise en lumière par l’ étude intitulée ‘2025 Workplace Engagement Report’, réalisée par Kahoot!, qui révèle que 46 % des dirigeants sondés seraient prêts à quitter leur poste simplement pour retrouver un engagement dans leur travail quotidien.
L’effet de la « culture du travail intense » sur la motivation
Le phénomène du surmenage fait que de nombreux dirigeants sont « occupés à mille choses, mais pas vraiment dans aucune ». Ce constat illustre bien l’impact d’une culture professionnelle où la charge de travail , souvent excessive, éclipse la motivation authentique. Selon les données de Kahoot!, seuls 47 % des leaders se considèrent « complètement impliqués » dans leur travail, même si 79 % estiment que leur équipe les perçoit comme dynamiques et engagés.
Cette déconnexion entre la perception des leaders et leur propre engagement peut influencer négativement la motivation des équipes. En effet, plus d’un quart des dirigeants a envisagé de démissionner au cours de l’année écoulée, illustrant ainsi une insatisfaction croissante au sein des échelons supérieurs des entreprises.
Burnout : une réalité préoccupante
Le burnout professionnel, défini comme un épuisement émotionnel lié au travail, est particulièrement répandu parmi ceux qui occupent des postes de direction. Le rapport d’une autre étude publiée par Gallup indique qu’environ 34 % des dirigeants vivent un état d’épuisement constant. Ce chiffre alarmant est révélateur du manque de soutien et des exigences accrues imposées à ces professionnels. Par ailleurs, le rapport souligne que l’engagement des managers a chuté à 27 %, ce qui en fait une année charnière pour le bien-être au travail.
Manque de soutien et de reconnaissance
Dans ce contexte, il est d’autant plus surprenant que seulement 17 % des entreprises fournissent aux dirigeants les ressources nécessaires pour maintenir la motivation de leurs équipes. De plus, 57 % des responsables n’ont jamais bénéficié d’une formation adéquate orientée vers le leadership. Cette absence de formation laisse de nombreux leaders démunis face aux premières signes de démotivation au sein de leur équipe. En conséquence, 40 % des leaders sont prêts à abandonner leurs fonctions s’ils pensent que cela pourrait conduire à un retour à l’engagement de leur équipe.
Le besoin de se sentir valorisé
Un autre aspect crucial de cette problématique est la reconnaissance du travail. De nombreux dirigeants des grandes entreprises, souvent ciblés par des vagues de licenciement, ne recherchent pas des augmentations de salaire, mais plutôt un reconnaissance de leur contribution. En effet, 69 % des dirigeants sondés estiment que la reconnaissance de leur travail est un facteur essentiel pour se sentir plus impliqués. La manque de reconnaissance est d’ailleurs le principal désir exprimé par 21 % de ces professionnels.
Un nouveau modèle de leadership
Face à ces défis, un nombre croissant d’organisations remettent en question les modèles traditionnels de gestion basés sur des hiérarchies rigides. Au lieu de cela, elles valorisent les leaders qui encouragent la créativité et facilitent le travail à tous les niveaux, indépendamment du titre. « Si les dirigeants sont prêts à abandonner leur titre pour se sentir engagés, cela signale un besoin de changement profond », a déclaré Eilert Hanoa, PDG de Kahoot!, dans son rapport.
Les leaders modernes cherchent désormais à agir comme accompagnateurs pour leurs équipes, se concentrant davantage sur le travail réel que sur la hiérarchie. Les structures flexibles gagnent en popularité, stimulant ainsi la créativité et l’ implication active de l’ensemble des employés dans le processus décisionnel.
En résumé, la quête d’un engagement sincère au travail est devenue une priorité pour de nombreux dirigeants. En favorisant la reconnaissance et en développant des modèles de travail plus souples, les entreprises peuvent espérer instaurer un climat de motivation, bénéfique à la fois pour les dirigeants et pour les équipes dans leur ensemble.

