Au moins 22 mille patients, surtout en âge de développement et 60% concentrés dans le Sud et sur les îles. C’est le bilan très lourd de l’échec du renouvellement de la loi de finances du Fonds de lutte contre les troubles de l’alimentation et de la nutrition. Traduit : anorexie, boulimie et autres Dca : l’acronyme qui identifie les véritables grands tueurs d’adolescents. Dont ils sont la première cause de décès, après les accidents de la route, avec un bilan malheureusement en augmentation : le dernier en date est de 3 780 décès en Italie en 2023, conséquence d’un nombre croissant de cas.
Le budget 2024 a fermé les robinets
Aujourd’hui, le Fonds créé par le gouvernement Draghi avec la loi de finances pour 2022, pour un budget de 25 millions régulièrement répartis entre les Régions, a ses jours comptés car le budget 2024 lancé fin décembre a fermé les robinets. Avec pour conséquence d’interrompre, si rien n’est fait, l’activité des agents de santé embauchés en CDD pour soutenir les soins dans la zone, notamment dans les zones les plus défavorisées du pays. Ce qui, comme c’est toujours le cas dans le domaine des soins de santé, se produit à plusieurs vitesses : le Nord est en tête, le Sud est en difficulté. Ces 25 millions, même s’ils ne suffisent pas encore, font une différence. Alors qu’aujourd’hui, il existe un risque de retour en arrière dramatique, laissant les patients et les familles sans couverture et, bien sûr, le personnel soignant employé pendant cette période de deux ans.
Les conséquences
Laura Dalla Ragione, directrice du Réseau des Troubles de l’Alimentation USL 1 de l’Ombrie et du numéro gratuit national SOS Troubles de l’Alimentation de la Présidence du Conseil et de l’Institut Supérieur de la Santé, explique les conséquences prévisibles : « L’annulation du 25 millions du Fonds de lutte contre les troubles alimentaires, de l’anorexie à la boulimie – affirme-t-il – entraîneront la fermeture de dizaines de cliniques dans toute l’Italie si aucune action n’est entreprise avant le 31 octobre, date limite du projet déclenché au cours des deux dernières années. Les patients et leurs familles seront laissés seuls et contraints de parcourir de longues distances pour accéder aux soins. Nous parlons d’au moins 22 mille personnes à traiter, surtout en âge de développement et 60% concentrées dans le Sud et dans les Îles. Ce sont les patients pris en charge dans les services ambulatoires et d’hôpital de jour créés de toutes pièces avec le Fonds DCA”. Les 40 associations qui regroupent les membres des familles ont entre-temps envoyé des lettres au Premier ministre et au ministre de la Santé Schillaci dans lesquelles elles exhortent le restauration et relance des ressources. Rappelons qu’il y a une couverture jusqu’au 31 octobre mais que ce délai est compté : une disposition de prolongation serait nécessaire immédiatement. « Ces ressources ont toutes été absolument bien utilisées – ajoute Dalla Ragione – : l’indication du ministère était que nous partions du niveau d’assistance de base, c’est-à-dire ambulatoire, car c’est ce qui garantit l’assistance de proximité, grâce à la « mise en service de cliniques où auparavant les patients et leurs familles » étaient entièrement ou partiellement découverts.
L’état de l’art
Le réseau de cliniques multidisciplinaires a représenté une avancée importante dans le traitement des troubles de la nutrition et de l’alimentation, même s’ils sont présents de manière inégale dans toute l’Italie : sur les 126 établissements recensés en 2023 par l’Institut Supérieur de la Santé, le plus grand nombre de centres, celui c’est-à-dire, 63 sont situés dans les régions du Nord avec 20 structures en Émilie-Romagne et 15 en Lombardie, tandis qu’au Centre il y en a 23, dont 8 dans le Latium et 6 en Ombrie, et 40 sont réparties entre le Sud et les Îles, entre dont 12 en Campanie et 7 en Sicile. Dans ces cliniques travaillent 1.491 professionnels, dont 780 embauchés grâce au Fonds, engagés quotidiennement dans tous les domaines impliqués dans le processus de traitement: 25% sont des psychologues, 18% sont des psychiatres et neuropsychiatres pour enfants, les 15% sont des infirmières, 12 % de diététiciens et nutritionnistes, 8 % d’éducateurs professionnels, 7 % de médecins spécialisés en nutrition clinique, 5 % de spécialistes en médecine interne ou de pédiatres ainsi que d’autres spécialistes dont des techniciens en réadaptation psychiatrique, des travailleurs sociaux, des physiothérapeutes et des agents de rééducation motrice. « Il y a encore beaucoup de travail à faire pour combler les lacunes encore présentes, notamment dans le sud de l’Italie – conclut Dalla Ragione – mais le signal venant du gouvernement va dans la direction opposée. Nous croyions que le Fonds serait renouvelé, alors que nous risquons de voir, face à une aggravation du phénomène, la fermeture de dizaines de centres en Italie. Il ne reste plus qu’à espérer que les troubles de l’alimentation, inclus depuis 2017 dans les Niveaux Essentiels d’Assistance (Lea), bénéficieront d’un budget de dépenses contraignant pour garantir une assistance stable dans toute l’Italie.


