«Il est évident que le futur gouvernement respectera les règles européennes. Et je pense qu’il exigera le même respect de la part de tous les pays européens. Sans enfants ni beaux-enfants ». Alors il a écrit Guido Crosetto, co-fondateur de FdI et l’un des hommes les plus proches de Giorgia Meloni, la première in pectore. Des mots qui résument le chemin parcouru par la dirigeante du FdI à la veille de son mandat de première ministre : respect des règles de l’UE et pas de larmes, mais aussi accent accru sur la défense de l’intérêt national.
Le programme FDI
Déjà dans le programme électoral du FdI la position du parti avait semblé très prudente dans ses relations avec l’UE. Pas de révolution sur le Pnrr, au contraire “il est nécessaire d’accélérer la mise en œuvre”, le cas échéant, d’une “mise à jour ciblée” à proposer à la Commission “dans les limites de ce qui est établi par le règlement européen sur la prochaine génération d’UE”. D’une part, « une politique étrangère centrée sur la protection desintérêt nationalD’autre part, “le plein respect de nos alliances internationales”, de l’OTAN à l’UE, jusqu’à la condamnation répétée de la guerre russe contre l’Ukraine et la nécessité de continuer à aider Kiev.
Continuité avec le gouvernement Draghi
Meloni a immédiatement précisé la continuité avec le gouvernement Dragons: “En partant d’une énergie chère, je suis en contact permanent avec le gouvernement, engagé à trouver des solutions au niveau européen.” Comme Draghi, Meloni a critiqué le Allemagne et sa décision de faire cavalier seul, avec le plan de 200 milliards de dollars contre l’énergie chère. Sans jamais mentionner Berlin, Meloni a déclaré : « Face au défi historique de la crise énergétique, une réponse immédiate au niveau européen est nécessaire pour protéger les entreprises et les familles. Aucun État membre ne peut proposer à lui seul des solutions efficaces et pérennes en l’absence d’une stratégie commune, pas même ceux qui apparaissent comme les moins vulnérables financièrement. Des propos qui font écho à ceux de Draghi sur la nécessité de garder “l’Europe unie face à l’urgence”.
Défense de l’intérêt national
Mais Meloni n’a pas renoncé à revendiquer le point central de son programme de politique étrangère, quoique toujours dans un cadre prudent : “la posture de l’Italie en Europe doit redevenir une posture” pour défendre “son intérêt national”. C’est quelque chose qui va changer dans les mois à venir. Cela ne veut pas dire avoir une approche négative des autres mais positive ». Reste à savoir comment cette position se traduira concrètement. Le premier test après le règlement pourrait être le G20 qui aura lieu les 15 et 16 novembre en Indonésie. La Sommet de l’UE les 15-16 décembre prochains seront plutôt l’occasion des débuts européens du nouveau président du Conseil.

