Madrid et l’essor des robotaxis
Madrid s’apprête à devenir la première capitale de l’Union Européenne à accueillir des voitures sans conducteur sur ses routes. Des entreprises telles qu’Uber, Waymo et Cabify se livrent à une compétition féroce pour développer ce marché prometteur. Prévu pour débuter après l’été, ce service soulève de nombreuses interrogations.
Les avancées de la technologie
Uber a pris les devants en annonçant une alliance avec WeRide, une entreprise technologique chinoise, pour déployer des vans électriques sensorisés à Madrid, fabriqués par Geely, le géant automobile chinois. Cette initiative repose sur deux partenaires locaux : Moove Cars, qui fournit les licences VTC, et Avomo, en charge de l’entretien et de la supervision des véhicules, ayant déjà une expérience dans des villes comme Austin et Atlanta.
Cadre légal pour les robotaxis
Le succès de ce projet requiert une réglementation appropriée ainsi que l’obtention de licences et de véhicules. Selon El Confidencial, les deux premières conditions ont déjà été remplies, l’accent étant désormais placé sur les entreprises pour lancer leurs opérations. La DGT (Direction Générale de la Circulation) assure la certification technique des véhicules, tandis que la communauté de Madrid gère les autorisations et les licences, recentrant son attention sur la modification de la loi sur la mobilité.
Conflits avec le secteur du taxi
Pour minimiser les tensions avec les taxis traditionnels, le gouvernement de Madrid a opté pour ne pas émettre de nouvelles licences VTC, mais plutôt recycler les licences existantes. Un quota de 100 licences sera établi, et un nouveau permis pour le “transport autonome supplémentaire” sera mis en place. Les premiers tests pourraient voir le jour dans des zones centrales de Madrid comme Leganés et Móstoles.
Les incertitudes autour de Waymo
Waymo, une filiale d’Alphabet, a récemment enregistré de nouvelles entités à Madrid, mais il reste des inconnues quant à son lancement. Pour opérer en Espagne, elle doit obtenir des licences VTC. De plus, les discussions avec des flottes comme Vecttor, lié à Cabify, sont en cours, mais aucune alliance n’a encore été finalisée.
Les défis technologiques à relever
Il existe des précédents préoccupants dans d’autres villes. À Phoenix, Waymo a récemment rompu son partenariat avec Uber pour gérer sa propre application. Cela soulève des doutes sur sa stratégie à long terme en matière d’indépendance. D’un autre côté, Uber a laissé planer le flou sur plusieurs aspects cruciaux : le nombre de véhicules disponibles à ses débuts et la couverture géographique du service.
Risques identifiés par Waymo
L’expérience de Waymo aux États-Unis a mis en évidence plusieurs risques, dont le vandalisme, qui a conduit à l’incendie de véhicules, et des défaillances techniques qui ont poussé l’entreprise à retirer une grande partie de sa flotte. Néanmoins, l’entreprise souligne que ses voitures ont un taux d’accidents bien inférieur à celui des véhicules pilotés par des humains, avec une réduction de 94 % des accidents graves.
Quelles attentes pour l’avenir ?
Le calendrier prévisionnel indique que les premiers robotaxis d’Uber pourraient apparaître à Madrid dès novembre, équipés d’un conducteur de sécurité au début de leur opération. Les trajets seront réservés via des applications spécifiques, mais le coût reste encore flou. Meanwhile, Waymo doit encore trouver un partenaire pour sa flotte, alors que Cabify et Bolt pourraient potentiellement entrer dans la danse en future avec des véhicules issus de fabricants chinois.
Note de la rédaction : Le paysage du transport autonome est en constante évolution, et Madrid pourrait bientôt se positionner comme un pionnier européen dans ce domaine.

