Le IWF critique les rabais sur le carburant

Le Fonds Monétaire International (IWF) met en garde les gouvernements européens contre la tentation d’atténuer les hausses des prix de l’énergie par des rabais sur le carburant ou des baisses d’impôts forfaitaires. Cette position s’appuie sur des observations faites lors de la crise énergétique suite à l’attaque de la Russie en Ukraine en 2022.

Les limites des mesures de soutien

Selon l’IWF, ces interventions, bien qu’elles semblent politiquement judicieuses, sont des “mesures imprudentes”. Elles engendrent des coûts élevés, soutiennent la consommation de combustibles fossiles et, souvent, ne ciblent pas efficacement les ménages les plus nécessiteux. Au lieu de cela, le Fonds recommande des paiements directs aux ménages les plus modestes, une solution qui pourrait également réduire les coûts globaux.

Bilan décevant des aides énergétiques

L’IWF s’appuie sur l’analyse des dépenses des États européens, qui ont consacré en moyenne 2,5 % de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide énergétique en 2022. Cependant, plus des deux tiers de ces dispositifs se sont révélés inefficaces. Pour compenser intégralement le choc des prix de l’énergie pour les 40 % de ménages les plus défavorisés, seulement 0,9 % du PIB aurait été nécessaire.

Effets négatifs sur les finances publiques

L’un des principaux reproches du Fonds est que les aides généralisées favorisent les ménages à revenu élevé, qui consomment davantage d’énergie. Ces aides réduisent également les incitations à économiser de l’énergie ou à investir dans des alternatives plus efficaces. Alfred Kammer, directeur du département Europe de l’IWF, a souligné que de telles mesures risquent de fausser les signaux de prix qui devraient inciter à une réduction de la consommation. En conséquence, elles peuvent également peser lourdement sur les finances publiques.

Réserves à Bruxelles

Cette position est partagée par Valdis Dombrovskis, le Commissaire européen à l’Économie. Il met en garde contre la répétition des “erreurs coûteuses” de 2022 et appelle à des mesures d’atténuation des hausses de prix qui soient bien ciblées et à durée déterminée. De nombreux économistes expriment également des doutes sur l’efficacité des rabais sur le carburant.

Projet de mesure en Allemagne

Une attention particulière est accordée à la situation en Allemagne, où la coalition gouvernementale (CDU/CSU et SPD) prévoit de réduire la taxe sur les carburants de 17 centimes par litre pendant deux mois, à partir du 1er mai. Ce plan pourrait engendrer une perte de recettes fiscales de 1,6 milliard d’euros, soulevant des préoccupations quant à sa viabilité financière.

Conséquences potentielles de la législation

Le Bundestag doit examiner prochainement la loi d’assistance. Si celle-ci est adoptée, le Bundesrat devra convoquer une session extraordinaire pour assurer sa mise en œuvre par le 1er mai. Toutefois, même si la réduction des taxes est décidée rapidement, le prix du carburant pourrait ne pas baisser immédiatement de manière uniforme, car la taxation se fait en amont à des niveaux de stockage antérieurs à la vente.

Conclusion

Les recommandations de l’IWF mettent en lumière la complexité des défis que doivent relever les gouvernements face à la crise énergétique et soulignent la nécessité de réfléchir à des solutions plus ciblées et efficaces. Les mesures de soutien doivent non seulement prendre en compte l’urgence de la situation, mais également leur impact à long terme sur les finances publiques et sur l’environnement.



F1-ES