“L’impact? La moitié de ma marge a déjà disparu ». Après tout, pour Franco Vicentini, il vaut mieux s’arrêter. Un choix non anodin, celui du numéro un du groupe Vdp, mais nullement isolé parmi les fonderies italiennes. Secteur typiquement énergivore, déjà aux prises depuis un certain temps avec de nouvelles hausses des prix du gaz et de l’électricité. Cependant, au mois de juillet, comme l’ensemble du pays, elle doit aussi composer avec le mécanisme du « marché de capacité ». Un système qui rémunère les producteurs qui garantissent la capacité de production même aux pointes de charge du réseau, 500 heures de pointe par an concentrées principalement en janvier, février et, pendant 162 heures, en juillet. Périodes pendant lesquelles la consommation d’électricité nécessite une charge supplémentaire d’environ 40 € / MWh. Ces jours-ci, ça prend sur les plaies.

Le paysage

«Si d’une part les prix semblent être redevenus fous – ajoute le président-directeur général du groupe – en juillet, cette nouvelle augmentation arrive. En prenant une consommation moyenne de deux kilowattheures par kilo de fonte, ce mécanisme a un impact de 80 euros par tonne. C’est pourquoi nous préférons fermer maintenant et travailler plutôt en août ».

Un arrêt de quatre semaines qui part demain pour l’usine du groupe de Vicence, qui sera suivi des arrêts des sites de Padoue, en tout 400 salariés, les deux vendredis suivants. Un choix nécessaire, au vu des chiffres du terrain, avec des valeurs désormais folles et une facture énergétique qui arrive dans les cinq premiers mois à valoir le tiers des revenus. «En août – ajoute l’entrepreneur – en général, la demande d’énergie de l’industrie est plus faible et les prix baissent même de 30 à 40%. Cette année je ne pense pas que ça se passera exactement comme ça mais au moins il devrait y avoir une petite marge ».

Les entreprises

Pas une décision solitaire, celle de Vdp, mais aussi adoptée par d’autres entreprises du secteur, qui pour la première fois choisissent de fermer leurs usines en juillet. «Nous anticipons les vacances – explique Enrico Frigerio, chef du groupe Ef – car maintenant les coûts sont vraiment excessifs et ce mécanisme d’aggravation agit sur des prix déjà hors de contrôle. Pour nous, la facture énergétique est passée de 500 000 euros à un million d’euros par mois et si les valeurs actuelles se confirment, nous passerons bientôt à 1,5 million. On arrête trois semaines, après on verra. Car les fonderies voyagent sur des Ebitda de l’ordre de 6-9% et dans cette situation le risque de partir à perte est réel ». Des choix non improvisés mais définis il y a quelque temps sur la base des hausses attendues et désormais en tout cas « récompensés » par l’évolution récente des coûts.

Frais

Sur-facture que pour l’industrie italienne le président de Federacciai Antonio Gozzi estime à 50 milliards, “ce qui signifie – explique-t-il – 50 milliards d’investissements en moins”. En effet, si avant Covid le prix national unique de l’électricité (Pun) s’élevait à 52 euros par Mw/h, 2021 a connu une envolée progressive, atteignant le sommet des 308 euros en mars 2022, immédiatement après l’invasion russe en Ukraine. Une urgence qui semblait revenir lentement mais qui vient à l’instant, en juillet, de connaître un net revirement, le jeu de mots ayant augmenté de plus de 400 euros. Un chiffre auquel, dans le mois en cours, surtout après 11 heures, pour de nombreuses heures d’utilisation, il faudra ajouter 40 euros supplémentaires par mégawattheure. «La généralisation est difficile et dépend des produits – explique l’entrepreneur Roberto Ariotti – mais en général, si le Pun augmente de 100 euros, les coûts de notre production augmentent de 200 euros par tonne. Une augmentation que nous essayons de déverser en aval, avec des négociations qui ne sont pas du tout faciles ». Les Fonderies Ariotti, avec 120 employés, s’arrêtent du 15 juillet au 1er août et aussi dans ce cas c’est la première fois. «Le mécanisme du marché de capacité – explique Ariotti – est actuellement une catastrophe qui s’ajoute à une autre catastrophe. L’espoir est que les prix d’août sont effectivement plus bas. Gérer les clients de cette façon devient vraiment difficile, même si j’avais déjà prévenu depuis septembre dernier : l’indexation des prix ne peut plus seulement concerner les matériaux mais doit inclure l’énergie. Facile? En aucun cas. Et de fait certains producteurs, par exemple dans l’éolien, décident de s’approvisionner dans des pays où l’énergie coûte moins cher ». Des récits des entrepreneurs se dégage l’image d’un système en difficulté, dans lequel les interventions-tampon se multiplient : pour déplacer la production vers les heures et les jours de la semaine les moins coûteux mais aussi pour réduire la consommation là où c’est possible. « L’automne est une inconnue – explique le président de l’Assofond Fabio Zanardi – et j’espère que le Gouvernement trouvera les ressources pour reconduire le crédit d’impôt, qui est vital pour notre catégorie. Pour être bon, nous arrivons à mettre à jour les listes de prix de mois en mois. Mais ici la volatilité est quotidienne, en une semaine on voit des hausses de 40% : sans interventions on ne peut pas le faire”.



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