Serena Dandini (photo de Gianmarco Chieregato).
Let les innovations en matière de retraites introduites par la loi de finances qui vient d’entrer en vigueur ne changeront pas grand-chose au statu quo, et au final la loi Fornero, vilipendée, dont on avait promis l’abolition pendant la campagne électorale, est toujours là: sauf qu’il sera encore plus difficile de profiter des failles pour avancer l’âge de la retraite à 67 ans.
Et heureusement, en Italie, il existe encore un semblant de santé publique qui assure laborieusement un peu de sérénité à ceux qui ont travaillé toute leur vie et qui n’ont pas d’assurance privée, mais pour éviter les files d’attente et les longues attentes et redonner vie au personnel médical de nos hôpitaux épuisés, il faudrait bien plus que les palliatifs fournis en cours.
Quelqu’un pourrait répondre : « C’est le capitalisme, chérie ! » c’est-à-dire le même système économique qui oblige des hordes de retraités américains à abandonner leurs maisons et à s’aventurer à travers le pays avec des camping-cars et des véhicules de fortune à la recherche d’un emploi saisonnier. Ils les appellent je nouveaux nomadesdes soixante et soixante-dix ans sous-payés ou avec une pension qui ne leur permet pas de payer l’hypothèque et les factures, obligés de quitter les maisons où résident leurs souvenirs pour accepter ce qui est plus que du travail, une véritable exploitation.
Mais lorsqu’il n’y a pas d’alternative, cueillir des betteraves dans les champs ou travailler dix heures d’affilée dans des entrepôts de commerce électronique avant Noël est la seule option pour survivre. Le journaliste a raconté cette humanité sur la route avec une empathie et un esprit d’enquête extraordinaire. Jessica Bruder dans Pays nomadeun livre désormais réédité aux Oscars Mondadori.
« Pays nomade. Un récit d’enquête » de Jessica Bruder (Mondadori).
L’auteur a parcouru 25 000 kilomètres avec une camionnette et en trois ans de travail, elle a monté une enquête fascinante. autant qu’un roman mais qui n’est malheureusement que la réalité. Qui a vu le film – basé sur le livre – avec Frances McDormandLion d’Or à Venise et lauréat de trois Oscars, sait déjà de quoi on parle mais pour tout le monde, cela vaut vraiment la peine de lire cet incroyable reportage car met en lumière un côté sombre de l’Amérique que nous pensions enfoui dans les récits de Steinbeck sur la Grande Dépression.
Les protagonistes ont beaucoup à nous apprendre avec leur formidable vitalité et leur capacité hors du commun à se réinventer mais – comme l’espère l’auteur – ils peuvent nous aider à réfléchir sur un système économique qui, avec ses inégalités de plus en plus extrêmes, risque d’imploser et submerger toutes les civilisations.
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