Analyse de la situation du “Friedensrat” de Trump pour Gaza

Des milliards ont été promis, mais les caisses semblent vides. Cinq mois après le lancement du “Friedensrat”, créé par le président américain Donald Trump, l’organisation est loin de répondre aux attentes initiales.

Un projet controversé

La première réunion du “Friedensrat”, qui a eu lieu à Washington en février, a rassemblé environ deux douzaines d’États membres. Initialement, son objectif était de superviser la reconstruction de la bande de Gaza, mais ce mandat a rapidement été élargi pour inclure la promotion de la paix à l’échelle mondiale, sans mentionner spécifiquement le territoire palestinien dans sa charte.

Absente de cette initiative, l’Allemagne, tout comme la majorité de ses alliés européens, considère que les Nations Unies devraient être responsables de ces missions. Le chancelier Friedrich Merz a même exprimé des préoccupations constitutionnelles à ce sujet.

Promesses non tenues

Trump a fait de grandes déclarations lors de la réunion, qualifiant le “Friedensrat” de l’un des plus influents et prestigieux jamais formés. Il a promis 10 milliards de dollars des États-Unis et 7 milliards supplémentaires des pays membres pour l’aide humanitaire et le relèvement de Gaza, des montants qui ont, pour beaucoup, suscité un espoir au sein de la population.

Des caisses vides

Cependant, quatre mois plus tard, il n’y a eu aucune somme versée dans le fonds officiel créé auprès de la Banque mondiale pour le “Friedensrat”, affichant un solde de zéro dollar. Cette situation a interpellé de nombreux experts, notamment Michael Mattler, ancien employé du Département d’État américain, qui souligne l’absence de structures de transparence essentielles pour rassurer les donateurs sur la gestion des fonds.

Une situation humanitaire catastrophique

La situation reste désespérée pour les habitants de Gaza. Malgré des promesses de reconstruction, le manque de précisions sur l’utilisation des fonds laisse les promesses dans le flou. La plupart des Gazaouis vivent encore dans des conditions précaires, souvent sous des tentes, avec un accès limité à des soins médicaux vitaux.

Le “Friedensrat” ne semble pas encore prêt à intervenir réellement. Bien qu’il bénéficie d’un mandat des Nations Unies, il reste à se construire une structure apte à faire face à l’ampleur des défis. Le mandat de l’ONU expirera fin 2027, ajoutant une pression supplémentaire sur cette initiative déjà critiquée.

Entre promesse et réalité : une opération de communication ?

Récemment, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a confirmé devant le Congrès que les États-Unis n’avaient encore transféré aucune des milliards promis au “Friedensrat”. Les financements proviennent principalement de contributions modiques de pays comme le Maroc et les Émirats Arabes Unis, qui ont permis de couvrir quelques salaires et l’administration du bureau du Haut Représentant pour la reconstruction à Gaza.

Il reste incertain si le “Friedensrat” pourra un jour répondre aux besoins pressants des Gazaouis. Les retards et l’absence d’actions concrètes soulèvent des questions sur la volonté réelle de l’organisation, voire si cette initiative n’est pas davantage une opération de relations publiques qu’un véritable projet de paix.

Conclusion : l’avenir du “Friedensrat”

Il est important de noter que, selon la charte du “Friedensrat”, celui-ci pourrait être dissous après deux ans, sauf si Trump choisit de le prolonger. La gestion des fonds accumulés jusqu’à ce moment demeure floue et soulève des inquiétudes quant à la véritable capacité et intention de l’organisation à apporter un changement tangible dans la région.



F1-ES