La controverse autour du projet CAF à Jérusalem

La compagnie basque CAF, spécialisée dans la construction de matériel ferroviaire, se retrouve au cœur d’une polémique internationale en raison de son implication dans un projet de métro léger à Jérusalem. Ce projet, qui relie des implantations israéliennes jugées illégales par l’ONU, suscite une forte contestation, notamment de la part d’organisations de défense des droits humains comme Amnistie Internationale.

Le projet contesté

Depuis 2019, CAF fait partie d’un consortium avec l’entreprise israélienne Shapir pour l’expansion des lignes Rouge et Verte du métro léger de Jérusalem. Ce projet est estimé à 1,8 milliard d’euros et comprendra 27 nouveaux kilomètres de voies et 50 nouvelles stations. Les travaux prévoient de relier des colonies en Cisjordanie à Jérusalem-Ouest. En plus de l’investissement initial, CAF pourrait récupérer plus de 500 millions d’euros pour la construction et l’équipement, sans oublier sa participation dans la gestion pour les 15 à 25 prochaines années.

Les implications de cette participation

D’après Francesca Albanese, Relatrice spéciale de l’ONU, CAF est mentionnée dans son rapport « De l’économie de l’occupation à l’économie du génocide ». Elle soutient que les infrastructures ferroviaires favorisent le maintien et la consolidation de ces colonies illégales tout en excluant et en ségréguant la population palestinienne. En 2016 et 2017, le Conseil des droits de l’homme des Nations unies a déjà qualifié ce projet d’illégal, renforçant ainsi la pression sur CAF.

La pression croissante

Amnistie Internationale a, à plusieurs reprises, exhorté CAF à abandonner ce projet. Esteban Beltrán, directeur de l’organisation en Espagne, déclare : « CAF ne peut continuer à ignorer les recommandations internationales ». La mobilisation s’élargit, et l’organisation appelle également le gouvernement espagnol et le gouvernement basque, actionnaire de la société, à examiner les relations de CAF avec les actions illégales d’Israël.

Des entreprises qui se retirent

CAF n’est pas seule dans cette tourmente. D’autres entreprises, comme la catalane COMSA, ont déjà décidé de se retirer de projets similaires. En 2024, cette dernière a quitté le consortium en charge de la ligne bleue du tramway de Jérusalem. D’autres acteurs, tels que Sidenor, une aciérie basque, ont également annoncé qu’ils cesseraient de fournir de l’acier aux entreprises israéliennes. Des fonds d’investissement internationaux, y compris un fonds souverain norvégien, ont retiré leurs participations en réponse à ces préoccupations.

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Réponse de CAF à la controverse

En dépit de la pression croissante, CAF maintient dans ses rapports de durabilité qu’il n’y a pas eu de violation des droits humains liée à sa participation dans le projet. La direction de l’entreprise qualifie les territoires concernés de « sujets de controverse politique ». Cependant, de nombreux organismes internationaux estiment que CAF ignore clairement les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et d’autres instances sur l’illégalité des colonies.

Entre intérêts commerciaux et pression éthique

CAF se trouve à un carrefour entre la recherche de profits commerciaux et la pression éthique qui provient de la communauté internationale. Ses actionnaires incluent non seulement le gouvernement basque, mais aussi des entités privées et les travailleurs de l’entreprise, qui détiennent 25 % des actions. Le contexte géopolitique s’est également intensifié suite aux tensions dans la région, augmentant le scrutin international sur les entreprises opérant dans les territoires occupés.

Avec cette affaire, CAF devra naviguer habilement entre ses engagements commerciaux et les attentes morales de la communauté internationale. Alors que la pression s’intensifie, il sera intéressant de voir comment la société réagira face à ces défis croissants, et si elle décidera de continuer sur une voie qui pourrait être perçue comme soutenant des pratiques controversées sur des territoires soumis à des conflits.



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