Le départ désillusionné de Keir Starmer. Aujourd’hui, Keir Starmer quitte la résidence officielle de Downing Street, marquant la fin de son mandat en tant que Premier ministre britannique. Son départ survient peu après le deuxième anniversaire de sa victoire écrasante lors des élections générales de 2024, une victoire que beaucoup considéraient improbable cinq ans après la défaite historique du Parti travailliste, qui avait perdu 59 sièges. Cette victoire avait été éclipsée par la réussite du plan « Get Brexit Done » de Boris Johnson.
Un manquement à la vision politique
Anthony Seldon, biographe de plusieurs premiers ministres, affirme que « Starmer ne savait pas ce qu’il faisait ». Pour lui, Starmer n’a pas su définir ce qu’est réellement le rôle de Premier ministre, ni établir des priorités claires, notamment en matière économique. Cette absence de vision s’est traduite par une gestion maladroite et une nomination peu judicieuse de ses collaborateurs.
Une ascension fulgurante suivie d’un effondrement
L’effondrement de son gouvernement a été graduel, marqué par des erreurs successives depuis son ascension à la tête du Parti travailliste en 2020. Lors de la dernière session de contrôle parlementaire, Starmer a tenté de mettre en avant ses réalisations, notamment le passage d’une défaite historique en 2019 à une victoire tout aussi historique en 2024. Pourtant, ses alliés les plus fidèles doutaient de cette évolution.
« Un gouvernement impopulaire »
Le professeur Rohan McWilliam souligne que le gouvernement de Starmer a gagné non pas grâce à sa popularité, mais en raison de l’impopularité des conservateurs, particulièrement après les échecs de Boris Johnson et Liz Truss. Starmer n’a pas su instaurer une vision convaincante, adoptant une approche technocratique qui l’a aliéné des électeurs.
Promesses non tenues
Starmer avait promis d’introduire des réformes progressistes durant sa campagne pour remplacer Jeremy Corbyn. Il s’était engagé à augmenter les impôts des plus riches, abroger les coupes sociales et créer un système migratoire plus humain. Cependant, la crise du Covid-19 a conduit à un abandon de la plupart de ces promesses, accompagné d’une purgation sévère des membres du parti affiliés à Corbyn. Cette attitude a poussé certains à voir Starmer comme un opportuniste.
Une popularité en chute libre
Starmer n’a pas profité de sa popularité initiale. La sommation populaire envers sa gestion s’est rapidement effondrée après sa nomination, notamment en raison d’escandales liés à des donations et des décisions impopulaires, comme la réduction des aides aux personnes âgées. Sa posture qui dénote un certain racisme et son inattentisme face à des crises internationales ont également renforcé cette impopularité.
Le scandale Mandelson
L’attribution du poste d’ambassadeur aux États-Unis à Peter Mandelson, en dépit de ses controverses, a considérablement dû affaiblir l’image de Starmer. Ce qui devait être un symbole de compétence s’est transformé en un marqueur d’inefficacité. Les promesses non tenues en matière de croissance économique et le maintien d’un coût de la vie élevé ont alimenté la frustration populaire.
Conclusion : un héritage controversé
Keir Starmer quitte Downing Street dans un climat d’inquiétude générale, avec l’impression que les électeurs n’ont pas ressenti de changement tangible. Alors qu’Andy Burnham prend le relais, la question demeure : le Parti travailliste saura-t-il retrouver une direction claire et regagner la confiance perdue des électeurs ?
