Le Tren de Aragua : une menace persistante au Pérou
L’opération continuelle du Tren de Aragua
Le colonel Víctor Revoredo, à la tête de la nouvelle Division de Recherche sur les Extorsions de la Police Nationale du Pérou (PNP), a révélé lors d’une interview que l’organisation criminelle internationale connue sous le nom de Tren de Aragua demeure active au Pérou. Il a également dénoncé la corruption au sein de l’Institut National Pénitenciario (INPE), dont le directeur, Iván Paredes, est soupçonné de recevoir des pots-de-vin.
Des affirmations contradictoires
En début d’année, l’ancienne présidente Dina Boluarte avait déclaré que le Tren de Aragua était “pratiquement démantelé”. Pourtant, le colonel Revoredo affirme que cette bande transnationale n’est pas totalement désarticulée et que sa présence dans le pays persiste. Cette organisation, qui a ses racines dans la prison vénézuélienne de Tocorón, est cataloguée par les États-Unis comme un groupe terroriste et a étendu ses activités à d’autres pays de la région, y compris la Colombie, la Bolivie et le Chili, où elle est impliquée dans divers crimes, tels que le trafic de drogue, l’extorsion, le kidnapping et les homicides.
Un système pénitencier en crisis
Revoredo a souligné que l’influence du Tren de Aragua a amplifié la violence dans un contexte déjà dominé par des réseaux criminels établis, tels que Los Pulpos. Il a noté un manque de contrôle flagrant au sein des prisons, où des téléphones portables et des puces sont incautés régulièrement. “Il est nécessaire de changer les choses, car la réinsertion n’a pas produit de résultats”, a-t-il affirmé.
Actions gouvernementales et réponses
Le ministre de la Justice, Walter Martínez, a annoncé des mesures disciplinaires à l’encontre du directeur de l’INPE, alors qu’un état d’urgence a été déclaré à Lima et à Callao pour lutter contre la criminalité organisée. Le président intérimaire José Jerí a ordonné des actions pour isoler les chefs criminels et suspendre l’approvisionnement en électricité dans les prisons, indiquant que des mesures doivent être prises pour éviter que ceux qui sortent de prison ne deviennent encore plus puissants à leur libération.
Une montée de l’extorsion
Les statistiques montrent une augmentation alarmante de l’extorsion au Pérou, atteignant 36 % à Lima et 33 % à Callao. En réponse à cette montée, la nouvelle division mise en place par le PNP se concentre sur l’affrontement des bandes criminelles, en particulier dans les secteurs sensibles comme le transport.
Conclusion : Un combat à mener
Alors que le colonel Revoredo prend les rênes de cette nouvelle division, il doit faire face à des défis colossaux, notamment la corruption au sein des institutions responsables du maintien de l’ordre. Les efforts coordonnés entre la police, le gouvernement et la justice seront cruciaux pour contrer l’influence persistante du Tren de Aragua et améliorer la sécurité au Pérou.

