Président Museveni et son fils : Qui exerce le pouvoir en Ouganda ?

Depuis quarante ans, l’Ouganda est dirigé par le président Yoweri Museveni avec une poigne de fer. Cependant, une question brûlante émerge : qui détient réellement le pouvoir—le président ou son fils, Muhoozi Kainerugaba, chef de l’armée ?

Un climat d’incertitude politique

Kanyesigye Deus, un activiste et opposant politique, représente la voix de la jeunesse ougandaise. Il souligne que la situation peut être particulièrement périlleuse, étant donné la longévité du régime de Museveni. En effet, alors que son père gouverne, les récentes actions de Kainerugaba soulèvent des préoccupations sur un éventuel transfert de pouvoir.

Concentration de pouvoir

Le fils de Museveni, Muhoozi Kainerugaba, a récemment pris la décision de fermer les derniers médias indépendants critiques, ce qui a encore intensifié les spéculations concernant la véritable nature du pouvoir en Ouganda. Selon Deus, « le père ne remplit que des fonctions pro forma ». Cette affirmation souligne l’idée que son fils, bien que non élu, exerce une forme de contrôle à travers l’appareil autoritaire établi par Museveni.

Répression de la liberté de la presse

Deus critique autant le père que le fils, les qualifiant de dangereux pour la démocratie. Leurs actions semblent viser à étouffer toute dissidence, en particulier parmi les politiques d’opposition et les voix critiques. À ce jour, aucune explication officielle n’a été fournie quant à la fermeture des médias indépendants, laissant les journalistes dans l’impossibilité de travailler.

Actes de pouvoir illustrés

Des experts comme Hassan Khannenje, directeur du Horn International Institute for Strategic Studies basé à Nairobi, perçoivent ces actions comme une démonstration de force. Selon lui, cela représente une réponse à ce qui est perçu comme une couverture médiatique négative concernant la famille Museveni. « Il s’agit de montrer qui contrôle réellement la situation », a-t-il déclaré.

Un phénomène régional

Cette tendance à réprimer les voix dissidentes ne se limite pas à l’Ouganda. On observe des dynamiques similaires dans d’autres pays d’Afrique de l’Est, comme le Kenya et la Tanzanie, où les opposants sont souvent emprisonnés et où les manifestations sont brutalement réprimées.

Un pouvoir de plus en plus audacieux

Avec l’accroissement de l’autorité de Kainerugaba, son impulsion à agir de manière désinhibée devient évidente. Sikula Onyala d’Amnesty International met en garde contre cette tendance. « Nous demandons la réouverture immédiate des médias fermés et la libération des détenus politiques », a-t-il ajouté, mettant en lumière l’urgence de mettre fin à la répression des activistes.

Les aspirations d’une génération émergente

Malgré la crise politique en cours, Deus demeure optimiste et déterminé à lutter pour un avenir meilleur. Il croit que le leadership en place a peur de la jeune génération, qui, avec un âge médian de 17 ans, souhaite une transformation radicale de l’Ouganda. Cette volonté de changement pourrait représenter une force significative capable de redéfinir les contours du pouvoir en Ouganda dans un avenir proche.



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