La Bundesnetzagentur ouvre la voie à la concurrence ferroviaire en Allemagne

La Bundesnetzagentur a confirmé sa décision, malgré les critiques de plusieurs régions : la Deutsche Bahn (DB) doit faire de la place pour ses concurrents sur les lignes ferroviaires très fréquentées. Cette mesure pave la voie pour l’opérateur ferroviaire italien Italo, qui prévoit d’entrer sur le marché allemand.

Un contexte de concurrence accrue

La Deutsche Bahn fait face à une pression concurrentielle croissante dans le secteur du transport ferroviaire de passagers. La Bundesnetzagentur a en effet adopté des mesures pour faciliter l’accès des nouveaux concurrents au réseau ferroviaire allemand. Klaus Müller, directeur de l’agence, a déclaré : « Plus de concurrence a le potentiel de créer de meilleures offres pour les passagers. »

Cette décision concerne spécifiquement l’allocation des lignes de train sur les itinéraires très fréquentés. A partir de maintenant, la filiale d’infrastructure de la DB, DB InfraGO, ne pourra plus attribuer l’ensemble de la capacité disponible à un seul opérateur.

Nouvelles règles pour favoriser la concurrence

Désormais, selon la ligne, un maximum de 60 à 75 % des capacités peut être attribué à un seul fournisseur. L’objectif est de réduire la position dominante de Deutsche Bahn, qui détient actuellement environ 95 % du marché du transport ferroviaire de passagers en Allemagne. La « clause de concurrence » vise à garantir qu’au moins un autre opérateur puisse accéder aux lignes de transport importantes. DB InfraGO doit définir le pourcentage de capacité réservé aux concurrents lors de l’élaboration du calendrier annuel des transports.

Application prévue pour 2028

Ces nouvelles règles devraient entrer en vigueur lors de l’élaboration du plan de réseau pour 2028, qui sera effectué en 2027. La Bundesnetzagentur admet que cette décision pourrait engendrer un changement fondamental dans le transport ferroviaire de passagers en Allemagne. Les ambitions d’Italo, l’opérateur ferroviaire italien, sont en partie à l’origine de cette réforme. Italo prévoit de lancer ses propres trains en Allemagne à partir de 2028, se positionnant ainsi comme un concurrent direct de la Deutsche Bahn.

Inquiétudes des États fédéraux

Cependant, plusieurs États fédéraux ont tenté d’influencer la décision de l’agence, exprimant des préoccupations quant aux conséquences d’une concurrence accrue. Ils craignent que les liaisons les plus lucratives entre les grandes villes deviennent encore plus attrayantes pour les opérateurs privés, tandis que les lignes moins fréquentées pourraient être mises sous pression.

Le ministre bavarois des Transports, Christian Bernreiter, a averti que cela pourrait nuire tant au transport local qu’au transport longue distance dans les zones moins densément peuplées. Des préoccupations similaires ont été soulevées par les représentants de Brandebourg et de Hambourg, qui craignent que la disparition de certaines lignes entraîne une surcharge du transport local, notamment pendant les heures de pointe.

Une réflexion sur l’équité du marché

La Commission des Monopoles a globalement soutenu les initiatives de la Bundesnetzagentur, soulignant qu’une meilleure accessibilité des lignes est cruciale pour l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché. Cependant, des questions subsistent sur la répartition concrète des capacités entre les opérateurs.

Les partisans de cette réforme estiment qu’elle favorisera une baisse des prix, une augmentation des connexions et de meilleures offres. Pour la Deutsche Bahn, il s’agit d’un tournant majeur dans un marché jusqu’ici largement dominé par elle. L’impact réel des nouvelles règles dépendra désormais des offres que les nouveaux opérateurs proposeront et de l’évolution des comportements des passagers.



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