La crise actuelle des prix de la RAM

La crise que nous subissons avec les mémoires RAM et leur prix exorbitant affecte profondément l’industrie technologique. Ces composants sont présents dans presque tous les appareils que nous utilisons quotidiennement. Face à ces tarifs désespérants, certains utilisateurs choisissent des solutions extrêmes : fabriquer eux-mêmes leurs mémoires RAM.

Une situation insoutenable

Les prix de la mémoire RAM ont atteint des niveaux impossibles à soutenir. Un module DDR5, auparavant au prix de 100 à 150 euros, dépasse aujourd’hui les 350 euros dans de nombreux marchés. Cette flambée des coûts est en grande partie due à la demande croissante de DRAM pour les applications d’intelligence artificielle, qui a ingéré une majorité de la production mondiale. Par exemple, OpenAI a capté 40% de cette production, laissant les utilisateurs domestiques en proie à des prix exorbitants.

Perspectives à long terme

Il semble peu probable que cette situation se résolve rapidement. Selon une étude de la société d’analyse IDC, la pénurie de RAM pourrait s’étendre jusqu’en 2027.

Solutions alternatives : Fabrication de RAM à domicile

Adaptateurs SODIMM à UDIMM

Récemment, certains utilisateurs ont tenté de construire leurs propres mémoires RAM pour contourner la crise tarifaire. Une méthode consiste à utiliser des adaptateurs SODIMM à UDIMM. Dans une vidéo du canal YouTube Hardware Canucks, cette solution a été testée sur des systèmes Ryzen 7000 et 9000, ainsi que sur des plates-formes Intel LGA 1700 et 1851, avec un succès mitigé.

Le principe est simple : acheter des modules SODIMM DDR5 (destinés aux ordinateurs portables) qui sont encore relativement abordables et les connecter à un système via des adaptateurs coûtant entre 10 et 15 euros. Cependant, la vitesse de transfert de ces adaptateurs peut varier considérablement. Les tests ont montré des vitesses allant de 4 800 MT/s à 5 800 MT/s, selon le modèle de l’adaptateur et la plate-forme utilisée.

Performances comparées

En termes de performance, la différence entre cette méthode et l’utilisation de mémoire DDR5 conventionnelle est souvent négligeable. Avec des configurations haut de gamme comme une RTX 5090 et un Ryzen 9800X3D, le manque de performance oscille entre 5% et 7% au pire des cas.

Une approche plus radicale

Une autre option est celle choisie par un modder russe, VIK-on, qui a réussi à assembler un module de 32 Go en combinant des puces de deux modules SODIMM de 16 Go de SK Hynix, une PCB chinoise et un dissipateur d’AliExpress. Son coût total était de 218 dollars, alors qu’un équivalent sur le marché russe coûte au moins trois fois plus cher.

Après avoir solidement assemblé les composants, VIK-on a intégré un firmware d’ADATA pour activer un profil XMP, permettant à la mémoire de fonctionner à 6 400 MT/s. Ce stick de 32 Go reconnu par toute carte mère fonctionne apparemment de manière stable lors des sessions de jeux.

Analyse de la situation

Que le fait de construire sa propre RAM soit économiquement viable en dit long sur l’état du marché actuel. Les prix prohibitifs, en particulier dans des régions comme la Russie, rendent cette approche attrayante pour certains. Pourtant, la soudure de puces de mémoire nécessite des compétences techniques et un équipement spécialisé, exposant les utilisateurs au risque d’endommager des composants coûteux.

Les solutions moins risquées

L’utilisation d’adaptateurs reste une solution plus accessible, mais il est probable que ces méthodes de bricolage demeurent marginales. La plupart des utilisateurs préféreront payer un supplément plutôt que de risquer d’endommager leurs appareils ou d’utiliser des adaptateurs inconnus. Si la situation persiste et que les prévisions de pénurie se réalisent, il pourrait naître un marché secondaire pour les modules reconditionnés. Une solution qui pourrait s’avérer essentielle dans un contexte de crise prolongée.



F1-ES