La retenue dont a fait preuve Poutine dans son discours du 9 mai et les rameaux d’olivier lancés par l’Occident, à commencer par le Pentagone américain qui a entamé des pourparlers avec Moscou pour sonder l’éventualité d’un « cessez-le-feu », montrent qu’il pourrait désormais y avoir malgré tout, marge de manœuvre pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
Mais sur quelle base ces négociations de paix bénies devraient-elles commencer ? Il y a quelques jours, interrogé par Bruno Vespa, le numéro un à Kiev, Zelensky, tout en se déclarant disposé à traiter directement avec Poutine, a néanmoins ajouté que la Crimée ne peut faire l’objet de la négociation, contrairement à ce qu’il avait déclaré il y a quelques semaines.
En revanche, plusieurs observateurs internationaux pensent que la péninsule de la mer Noire devrait être le point de départ des négociations. Pourquoi à partir de là ? Pour une raison très simple : la Crimée, malgré toutes les atrocités commises ces derniers mois par les soldats de Moscou, a toujours été russophile. Il ne faut en effet pas oublier que, lors du référendum sur l’avenir de la péninsule du 16 mars 2014 (un référendum qui n’a en tout cas pas été reconnu par l’Ukraine et l’Union européenne), 95 % des électeurs se sont déclarés favorables d’annexion à la Russie. .
Il ne devrait donc y avoir aucun doute que, précisément sur la base du principe de l’autodétermination des peuples, la majorité des habitants de Crimée se sentaient et se sentaient plus russes qu’ukrainiens.
Et aujourd’hui, si la transition définitive de la région dans l’orbite de Moscou devait être véritablement officialisée, il pourrait y avoir de bons homologues pour les Ukrainiens. En d’autres termes, il y aurait plus de marge de manœuvre pour l’Ukraine sur tout le reste pour parvenir enfin à la paix : plus tôt un accord sera trouvé entre Moscou et Kiev, plus tôt l’urgence internationale qui fait des victimes non seulement sur le front de la guerre sera atténuée . .

