Le Projet Altri : Entre Promesses et Controverses
En avril 2022, la société portugaise Altri annonçait un projet ambitieux à Palas de Rei, dans la province de Lugo. Cette initiative, censée installer une grande usine de fabrication de fibres textiles (lyocell), a été présentée comme le « projet le plus important » de la candidature galicienne pour les fonds Next Generation. Cependant, au fil du temps, les véritables implications de ce projet ont suscité des craintes parmi les collectivités locales et les médias.
Une Promesse Électrique Ébranlée
Trois ans plus tard, le projet emblématique d’Altri se retrouve dans une situation critique. Le Gouvernement central a décidé de ne pas inclure la substation électrique et l’accès au réseau électrique pour le projet dans sa planification 2025-2030. Cette décision, qualifiée de « mortalité » pour le projet, laisse son avenir incertain. Le Ministère de la Transition Écologique justifie cette exclusion par la nécessité de prioriser des investissements “plus viables”, qui présentent un meilleur retour socio-économique et un impact environnemental réduit.
La Déclaration qui Change Tout
La conséquence directe de cette décision est simple : sans substation, il n’y a pas de projet. Altri, qui avait déjà formulé une demande de 250 millions d’euros d’aides publiques, se retrouve dans une situation très précaire. Le ministère argumente que la construction de cette infrastructure ne serait pas justifiée si le projet n’est pas financièrement garanti, une position que la société Greenfiber, une filiale d’Altri, qualifie de « pure politique ».
La Réaction de la Xunta
Face à cette situation critique, le gouvernement galicien, connu sous le nom de Xunta, défend le projet en affirmant qu’il respecte les normes environnementales et dispose d’un avis favorable. Selon la Xunta, l’usine de Palas de Rei serait « énergétiquement neutre » et son exclusion du réseau électrique « sacrifierait l’industrie lucense ». Ces déclarations ont conduit à un affrontement politique intense, particulièrement entre les dirigeants galiciens et les membres de l’opposition.
Les Impacts Environnementaux en Question
De nombreux collectifs locaux et défenseurs de l’environnement, tels que ADEGA et Greenpeace, s’inquiètent des conséquences négatives du projet. Trois principaux risques ont été soulignés :
Consommation d’eau : L’usine pourrait capter jusqu’à 46 millions de litres d’eau par jour, affectant ainsi le cours du Ulla.
Utilisation de matière première : Les estimations varient entre 1,2 million de m³ à 2,4 millions de tonnes de bois, soulevant des préoccupations concernant la biodiversité et la gestion des forêts.
Émissions de polluants : La cheminée de l’usine pourrait émettre des composés contribuant à la pluie acide, avec des mesures de conformité soumises à la réglementation.
La Guerre de l’Eau et les Conflits Judiciaires
La situation devient de plus en plus tendue, car plusieurs groupes, notamment ADEGA, ont entamé des procédures judiciaires pour contester les concessions d’eau nécessaires au projet, arguant que les délais légaux n’ont pas été respectés. De plus, la résistance des cofradías (associations de pêcheurs) du secteur de la mer, préoccupées par l’impact sur leurs activités, renforce la pression sur le projet.
Une Incertitude Persistante
La non-inclusion de l’accès électrique pour Altri a ouvert une période de réclamations et pourrait bien intensifier les actions judiciaires en cours. Bien que l’avis favorable de la Xunta ait permis au projet de persister sur le plan administratif, sans électricité et sans water, il semble que l’avenir du projet soit très incertain. La situation actuelle entre la prospérité industrielle et la protection de l’environnement soulève de nombreuses questions, et Altri doit faire face à une licence sociale qui lui échappe encore.
Conclusion
Le projet de l’usine de Palas de Rei se trouve donc à un moment critique, symbolisant un affrontement entre les intérêts industriels et la préservation de l’environnement. La tension entre les différentes parties prenantes ne cessera de croître tant que des solutions durables et acceptables n’auront pas été trouvées. La route reste parsemée d’obstacles juridiques et environnementaux, et la nécessité d’un dialogue clair s’impose pour trouver un équilibre entre développement et écologie.

