Il y a exactement 80 ans, des commandos alliés attaquaient Kapelsche Veer. Les troupes d’élite britanniques et norvégiennes ont pris d’assaut l’île près de Sprang-Capelle. Il y avait là un point fort ennemi allemand. Les Alliés considéraient « l’île » comme une menace et voulaient la détruire. Mais l’opération fit de nombreuses victimes et fut un échec tragique. Le énième.

Le soir du Nouvel An 1944, les troupes polonaises tentèrent de nettoyer l’île « allemande » située entre Bergsche Maas et Oude Maasje. Cela tourne au fiasco avec plus de 40 morts et 140 blessés des deux côtés.

Une attaque polonaise plus importante suivit le 7 janvier 1945 : l’opération Trojan. Avec des pertes encore pires : 34 Polonais morts et 90 blessés. Les Allemands comptaient 68 morts et blessés. Mais le point d’appui est resté intact.

Boulangerie
Une mini-guerre éclata. Les habitants restants des Land van Heusden et Altena, toujours occupés, ont été durement touchés. Début janvier 1945, les Alliés bombardèrent les positions allemandes à Wijk et Aalburg. Les bombes alliées sont tombées accidentellement sur un abri anti-aérien situé sous une boulangerie. 28 civils dans le sous-sol sont morts dans cette catastrophe oubliée.

Les Alliés restent déterminés à détruire le bastion allemand. Le général britannique Crocker, haut patron de la région, a décidé de déployer des commandos sur « The Island », comme ils appelaient l’île. Les Allemands l’appelaient un « Brückenkopf ».

Photo aérienne du début de 1945 de Kapelsche Veer avec le port et les maisons (photo : archives)
Photo aérienne du début de 1945 de Kapelsche Veer avec le port et les maisons (photo : archives)

Le 47th Royal Marine Commando reçut l’ordre de mener l’attaque. Cette unité avait fait ses preuves lors de la bataille de l’Escaut à Walcheren début novembre 1944.

L’un des commandos était le lieutenant Ian William Adam, un étudiant de 19 ans originaire des environs de Brighton. Ian était hébergé chez une famille sur le Veerseweg à Oosterhout le jour du Nouvel An 1944. Avec ses pairs, dont Samuel Greenhalgh, Raymond Williams et Arthur Bennet.

‘Buffle’
Dans la soirée du 13 janvier, ils ont été déployés dans le cadre de l’opération dont le nom de code : Horse. Ils avancèrent depuis les quartiers des polders de Labbegat et Scharlo. Des buffles étaient également utilisés. La péniche de débarquement a eu du mal à traverser l’Oude Maasje car il y avait beaucoup de glace qui y flottait.

Véhicule blindé à chenilles Buffalo pouvant naviguer (photo : archives)
Véhicule blindé à chenilles Buffalo pouvant naviguer (photo : archives)

Il était presque une heure du petit matin du 14 janvier lorsque les commandos atteignirent leurs positions dans le froid rigoureux de l’hiver. Ils ont donné un mot de code à la radio, puis un barrage de canons et de mortiers a éclaté. Les chars polonais ont tiré des grenades fumigènes pour que l’ennemi ne puisse plus rien voir.

Lance-flammes
Les commandos avancent. Ils ont trouvé refuge dans les fossés et les entonnoirs de bombes. Mais plus on se rapproche des tranchées allemandes, plus la résistance est forte.

Au cœur de Kapelsche Veer, les ruines de la maison du cantonnier, se trouvaient les parachutistes allemands, les Fallschirmjäger. Ils ont lancé des grenades à main depuis leurs tranchées. Un lance-flammes allié y mit fin.

Ian Adam s’est battu sur le flanc droit avec les Norvégiens. Un médecin était présent et a écrit sur la bagarre.

« Le capitaine Brian Stickings a courageusement mené sa Q-Troop dans un mur de tirs ennemis. Le caporal Tye et le lieutenant Ian Adam couraient en tête. À moins de 20 mètres de l’ennemi, Tye a été touché le premier au bras gauche et est tombé blessé.

Tête
Ian Adam, 19 ans, a pris sa place mais a été touché à la tête. Samuel Greenhalgh a également été touché, tout comme Raymond Williams. Ils sont tous deux morts dans l’attaque. Le caporal Tye a été emmené blessé. Le capitaine Stickings mourrait également au combat ce jour-là, à seulement 22 ans.

Pendant les combats, un soldat polonais a retrouvé Ian Adam, 19 ans. Le Polonais voulait le porter sur ses épaules. “Ian a dit qu’il voulait être laissé derrière parce qu’il sentait qu’il allait mourir”, selon un témoin oculaire.

Le Britannique de 19 ans n’a pas survécu. Plusieurs commandos norvégiens ont également été tués, dont Olav Björndalen, Peter Emil Hopen et Bernt Myrvaag.

Olav Björndalen (30 ans) a été tué près de Kapelsche Veer (photo : Archive)
Olav Björndalen (30 ans) a été tué près de Kapelsche Veer (photo : Archive)

Cette nuit-là, la bataille fit rage sur l’île. Toutes les troupes furent jetées au combat, y compris les Polonais à l’arrière.

Au petit matin du 14 janvier, les commandos sont épuisés. De plus, les munitions s’épuisaient. A six heures et demie, l’état-major allié donne l’ordre de se retirer.

Sang
Ce matin-là, la famille d’accueil de Ian sur le Veerseweg à Oosterhout n’a vu revenir qu’un seul soldat : ​​Arthur Bennet. Selon l’un des membres de la famille, il était « très fatigué et portait un uniforme taché de sang ». Il est allé directement au lit.

Onze commandos britanniques et norvégiens sont morts lors de l’attaque. La mort d’un officier britannique qui avançait avec les commandos est également tragique. Il est tombé dans un fossé et s’est noyé. Le nombre de blessés alliés était d’environ 40. Du côté allemand, il y avait 47 morts et blessés.

Encore une fois, il n’y a pas eu de percée. Le général Crocker ordonna de préparer une attaque décisive. Maintenant avec une brigade canadienne entière. Fin janvier 1945.

Tombe de Ian Adam à Sprang-Capelle (photo : Willem-Jan Joachems)
Tombe de Ian Adam à Sprang-Capelle (photo : Willem-Jan Joachems)

Une des plaques du monument de Kapelsche Veer (photo : Willem-Jan Joachems)
Une des plaques du monument de Kapelsche Veer (photo : Willem-Jan Joachems)

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