Selon le Groupe Cru, Dragon représente 45 % de la production mondiale de cuivre affiné. Selon les analystes, avec l’essor croissant et progressif des voitures électriques, le cuivre pourrait ne pas suffire dès 2027 et la Chine souhaite devenir autosuffisante. Mais l’Europe peut encore jouer la carte du recyclage

Emiliano Ragoni

La « mainmise » chinoise se resserre de plus en plus sur tout ce qui touche aux matériaux utiles à la production de véhicules électriques. Une chaîne d’approvisionnement courte et de plus en plus contrôlée, c’est ce que vise Pékin, qui détient selon Cru Group 45 % du cuivre raffiné mondial. La Chine, après s’être procuré du lithium, du cobalt et du nickel, a également ciblé le cuivre et plus particulièrement les mines des pays d’Amérique latine. L’idée est de le travailler chez soi grâce à la construction de nouvelles fonderies. Craig Lang, analyste chez Cru Group, a déclaré : « Comme tous les pays, la Chine a un besoin stratégique en cuivre, en particulier avec la croissance des applications d’énergie verte, et la Chine, comme tout le monde, veut assurer son autosuffisance“.

estimations en hausse

Selon Carlos Risopatron, directeur économique de l’International Copper Study Group, la capacité de production de cuivre de la Chine augmentera encore de 45 % d’ici 2027, représentant 61 % des nouvelles installations prévues dans le monde sur cette période. Les analystes, selon ce qui a été rapporté dans une étude de BloombergNef, prédisent un déficit d’approvisionnement en cuivre dès 2027, avec une hausse des prix qui pourrait atteindre jusqu’à 20 %. En 2027, la demande dépassera donc la capacité de production actuelle, estimée à environ 5,4 millions de tonnes par an. Le coût moyen d’une tonne de cuivre est aujourd’hui d’environ 8 659 dollars. 8 092 euros. Dans ce scénario, la Chine, qui représente actuellement environ la moitié de la demande mondiale de cuivre, souhaite anticiper afin de permettre à ses concurrents de reprendre la chasse.

les possibilités infinies de recyclage

Ce précieux métal rouge, c’est-à-dire le deuxième meilleur conducteur d’électricité après l’argent, est utilisé dans les éoliennes et surtout dans les voitures électriques, qui contiennent trois fois plus de cuivre qu’une voiture à combustion interne. Cependant, dans un avenir proche, où l’on s’attend à une augmentation de la demande de cuivre, le recyclage pourrait représenter plus d’une alternative. C’est parce qu’actuellement plus de 45% du cuivre utilisé en Europe provient d’activités de recyclage (source: Groupe d’étude international sur le cuivre). C’est en fait un métal qui peut être également 100% recyclé. Par conséquent, compte tenu de ce qui a été rapporté par leAgence internationale de l’énergie (AIE)selon lequel une nouvelle mine de cuivre met en moyenne 16 ans pour fonctionner à pleine capacité, augmenter les activités de recyclage à moyen et long terme pourrait représenter bien plus qu’une alternative.





ttn-fr-4