Réminiscences de la pandémie de Corona à Teneriffa
Au port de Granadilla, l’arrivée du navire “Hondius” suscite des émotions contrastées chez les habitants de Teneriffa. Le désir d’aider les personnes à bord se heurte à une peur tenace : celle que le hantavirus présent à bord soit comparable à la menace qu’a représenté la pandémie de Covid-19.
Les craintes des habitants
Augustín Rodriguez, propriétaire d’un hôtel rustique à San Miguel de Abona, se remémore les difficultés vécues lors de la première vague de Covid. Il se rappelle de l’isolement d’un hôtel à Playa de las Americas, un événement marquant pour cette petite communauté qui vit du tourisme. “Si une nouvelle crise survenait, cela serait catastrophique pour nous”, souligne Rodriguez, mis en avant le risque face à l’impact économique.
Opinions partagées sur l’aide humanitaire
La ville de San Isidro, qui a évolué d’une ville dortoir à une communauté dynamique de 28 000 habitants, illustre la division des opinions. Adrian Jiménez Mendoza souligne l’humanité des passagers de la “Hondius” : “Ils sont des gens comme nous, et nous devons les aider.” Cependant, il admet également le mécontentement croissant sur les réseaux sociaux, que de nombreux habitants ressassent encore l’écho de la pandémie passée.
Échos de la pandémie de Corona
Trini Rocha García, une habitante, exprime les craintes d’une nouvelle catastrophe sanitaire : “Encore une pandémie?” Son indignation envers les autorités et leur capacité à prévoir de tels événements est palpable. “N’est-ce pas ce qu’ils ont dit la première fois ? Et regardez le chaos qui a suivi.”
Alex Méndez, un pâtissier local, évoque la nécessité d’une éducation basée sur des valeurs humaines. “Dans ces moments critiques, la solidarité est primordiale”, déclare-t-il, insistant sur le fait que la politique ne devrait pas empêcher l’aide humanitaire.
Réponses des autorités
Face à l’inquiétude populaire, la Troisième Division de la Santé Mondiale et plusieurs responsables espagnols tentent de rassurer la population. Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur de l’OMS, a assuré que le hantavirus ne peut être comparé au coronavirus et a souligné que la solidarité est le meilleur remède. “Ensemble, nous sommes plus forts pour résister à de tels défis”, a-t-il ajouté.
Position du gouvernement des Canaries
Le président régional, Fernando Clavijo, a annoncé une interdiction du mouillage du “Hondius” à Granadilla, ajoutant une couche de tension à la situation. Pourtant, cette mesure a été rapidement contournée par la décision de la directrice générale de la marine marchande espagnole, permettant ainsi au navire de s’amarrer et aux passagers de débarquer.
Conclusion
Le dilemme entre l’aide humanitaire et la peur d’une nouvelle épidémie résonne encore dans les esprits des habitants de Teneriffa. La situation du “Hondius” devient un miroir des angoisses passées, tout en rappelant l’importance de la solidarité et de la préparation face aux crises sanitaires futures. La communauté de Teneriffa se doit de rester vigilante, mais elle doit également garder son humanité intacte.

