La réalité de vivre chez ses parents en Espagne
Le prix de l’immobilier constitue l’un des principaux freins à l’émancipation des jeunes en Espagne. D’après des données récentes du Conseil de la jeunesse, seulement 15,2 % des jeunes sont en mesure de vivre en dehors du foyer familial. Parmi ceux qui le peuvent, 57,9 % résident dans des locations, et un tiers choisit de partager un appartement pour alléger les coûts.
Un constat courant : la cohabitation intergénérationnelle
Face à cette situation, il n’est pas surprenant de rencontrer des individus de plus de 30 ans vivant encore chez leurs parents. Cependant, il a été confirmé par le Ministère des Finances que vivre gratuitement chez ses parents ne peut pas être considéré comme une “donation”.
Les clarifications du Ministère des Finances
Pas de taxation pour la cohabitation familiale. Les responsables du Ministère des Finances, tout comme le syndicat des techniciens du ministère, GESTHA, indiquent qu’il n’existe aucun impôt ou modification légale qui sanctionne les enfants résidant dans le domicile familial.
Selon des sources officielles, il n’y a eu “aucun changement légal ni d’orientation administrative depuis l’introduction de l’IRPF (impôt sur le revenu des personnes physiques) concernant ce type de situation”. Carlos Cruzado, président de GESTHA, a précisé que la simple cohabitation d’une personne adulte avec ses parents ne déclenche aucune obligation fiscale.
Qu’est-ce qui définit une donation ?
Une donation implique un transfert de propriété, et non d’usage. Dans le cas où un enfant vit avec ses parents, il n’y a pas de transfert patrimonial, seulement un changement d’usage consensuel. Ce principe fait que cette situation ne peut être considérée comme une donation, ce qui évite toute obligation de paiement d’impôts dans ce cadre.
Les obligations légales des parents
Il est important de souligner que, selon l’article 142 du Code Civil, les parents sont légalement obligés de fournir à leurs enfants non seulement un toit, mais également les vêtements et l’assistance médicale si ceux-ci ne peuvent pas subvenir à leurs besoins.
Application aux secondes résidences
Cet argument s’étend même aux cas où parents et enfants ne partagent pas le même logement. Par exemple, si les parents vivent dans leur résidence principale et que les enfants occupent une seconde résidence, le fisc considère aussi cela comme une cession gratuite sans imputation de rendement à valeur marchande.
Ainsi, les parents paient le même impôt que s’ils avaient laissé la maison vacante, tributaire des mêmes obligations qu’une seconde maison non habitée. En effet, ils doivent s’acquitter d’un impôt de 2 % sur la valeur cadastrale de l’immeuble, qui peut parfois descendre à 1,1 % selon certaines conditions.
La distinction entre cession de usage et donation
Il est crucial de comprendre que la cession d’usage ne s’apparente pas à une donation. La loi du IRPF applique une présomption de onérosité pour toute cession, sous l’hypothèse que celle-ci est rémunérée. Néanmoins, cette présomption peut être contrée par un contrat de comodato, qui formalise un prêt sans contrepartie économique.
Ce type de contrat, bien qu’il ne soit pas fréquemment vérifié par l’administration fiscale, représente un moyen de justifier l’utilisation gratuite d’un bien acquis par autrui.

