Le Komsomolets : un sous-marin nucléaire perdu en mer

A près de 1 700 mètres de profondeur dans la mer de Norvège repose le Komsomolets, un sous-marin nucléaire dont l’histoire tragique est encore loin d’être terminée. Dans son épave se trouvent le réacteur nucléaire qui propulsait le navire ainsi que deux torpilles armées d’ogives nucléaires. Cet incident, survenu après un accident en 1989, soulève encore des questions cruciales sur la sécurité écologique de cette partie de l’océan.

Un accident tragique

Le 7 avril 1989, un incendie a éclaté à bord du Komsomolets alors qu’il naviguait dans les eaux norvégiennes. Bien que l’équipage ait réussi à faire surface, le feu a causé des dommages irréparables, et le sous-marin a finalement sombré. Sur les 69 membres d’équipage, 42 ont perdu la vie.

Les risques radiologiques persistants

Des années après le naufrage, des études récentes indiquent que le réacteur continue de libérer des radionucléides sporadiquement. Bien que ces émissions n’aient pas encore causé de perturbations majeures dans l’écosystème marin, le potentiel d’une libération de matières radioactives reste une source d’inquiétude. La corrosion et la pression sous-marines aggravent ce risque.

Méthodes de confinement : Un effort insuffisant

En 1994, une expédition russe a tenté de contenir les dangers en scellant avec des plaques de titane certains des tubes lance-torpilles et autres ouvertures sensibles. Cette mesure avait pour but de réduire la circulation de l’eau dans les compartiments contenant les ogives. Toutefois, il ne s’agissait pas d’un confinement complet, et cet effort pourrait ne pas suffire à garantir la sécurité à long terme.

Exploration moderne du Komsomolets

De nouvelles expéditions, comme celle de 2019 impliquant le véhicule sous-marin télécommandé Ægir 6000, ont pour but d’évaluer la situation actuelle du naufrage. Les chercheurs ont collecté des échantillons d’eau et de sédiments autour du site, ce qui a révélé que les systèmes contenant du combustible nucléaire étaient endommagés et que l’eau de mer avait atteint le réacteur.

Conclusions et perspectives d’avenir

Les résultats publiés récemment dans la revue PNAS montrent une concentration de radionucléides à proximité d’une grille de ventilation. Cette information souligne l’urgence de surveiller le Komsomolets et d’éventuellement mettre en place des mesures de protection ou de nettoyage.

Bien que les missions d’exploration puissent se poursuivre, la sécurité d’une intervention physique sur cette structure nucléaire endommagée demeure un enjeu de taille. Pour le moment, la priorité est de continuer à surveiller et à comprendre l’évolution de cette épave emblématique.

Images : Institut Norvégien de Recherche Marine.



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