Les bienfaits de l’exercice sur les patients atteints de cancer

La pratique régulière d’exercice physique pourrait révolutionner la prise en charge des patients atteints de cancer. Des recherches récentes ont démontré que l’exercice peut réduire le risque de décès des patients de plus de 30% et empêcher la récurrence des tumeurs. Ces résultats proviennent d’une étude marquante qui pourrait transformer les recommandations de santé à l’échelle mondiale.

Une étude révolutionnaire

Jusqu’à présent, il était largement conseillé aux patients de mener une vie saine pour diminuer le risque de développer un cancer, mais peu d’études avaient exploré les effets de l’exercice après un diagnostic. La recherche, qui rassemble des patients des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Australie, de France, du Canada et d’Israël, a montré qu’un régime d’exercice structuré post-traitement peut considérablement réduire les risques associés à la maladie. Les résultats ont été présentés lors de la réunion annuelle de l’American Society of Clinical Oncology (Asco) à Chicago, la plus grande conférence sur le cancer au monde.

Des résultats impressionnants

Pour la première fois dans l’histoire médicale, il a été prouvé que l’exercice physique est plus efficace pour prévenir la récidive du cancer et la mort que de nombreux médicaments actuellement prescrits aux patients. Dr Julie Gralow, responsable médicale d’Asco, a déclaré que la qualité des résultats était de « plus haut niveau de preuve », suggérant ainsi un changement majeur dans l’approche de l’activité physique lors et après les traitements.

L’étude a impliqué 889 patients atteints de cancer colorectal, la majorité souffrant d’un cancer de stade trois. Les patients ont été répartis aléatoirement entre un groupe d’exercice, bénéficiant de séances encadrées par des coachs personnels, et un groupe témoin se contentant de conseils sur un mode de vie sain.

Les bénéfices de l’exercice

Les résultats indiquent que ceux qui ont suivi un programme d’exercice régulier ont connu un risque de mortalité réduit de 37% et un risque de récidive ou de développement d’un nouveau cancer réduit de 28% par rapport à ceux qui n’avaient reçu que des recommandations d’un mode de vie sain. Dr Gralow souligne l’impact significatif de ces résultats, les qualifiant même de « mieux qu’un médicament » car l’exercice n’engendre pas d’effets secondaires.

Structure de l’étude

Les participants du groupe d’exercice ont travaillé avec un entraîneur personnel, participant à des séances d’entraînement supervisées. Ils avaient pour objectif d’atteindre trois à quatre promenades de 45 à 60 minutes par semaine, mais plusieurs ont opté pour d’autres activités comme le kayak ou le ski. Après cinq ans, le groupe d’exercice présentait un risque de cancer récurrent inférieur de 28%, et après huit ans, le risque de décès était réduit de 37%.

Une recommandation à ne pas négliger

Dr Christopher Booth, auteur principal de l’étude, admet que ces résultats offrent une réponse claire à la question fréquente des patients : « Que puis-je faire d’autre pour améliorer mes chances de survie ? » L’exercice, dit-il, représente une intervention puissante qui peut transformer la santé des patients et améliorer leurs chances de survie après traitement.

Professeur Charles Swanton de Cancer Research UK, qui a financé une partie de l’étude, ajoute que l’exercice « offre des bénéfices remarquables pour les patients » sans les risques associés aux médicaments. L’importance de promouvoir un programme d’exercice structuré après une chirurgie est donc cruciale.

Vers une pratique globale

Les résultats de cette étude sont susceptibles de changer les pratiques médicales à l’échelle mondiale. Les oncologues sont désormais encouragés à aborder le sujet de l’exercice avec leurs patients après un traitement. Bien que cette recherche cible principalement le cancer colorectal, il n’y a aucune raison de penser que les résultats ne pourraient pas s’étendre à d’autres types de cancer.

Dr Pamela Kunz de l’école de médecine de Yale conclut que la promotion de l’exercice en tant qu’intervention « est une évidence ». Même si tous les patients ne peuvent pas envisager de nouveaux régimes d’activité physique, il est essentiel qu’ils soient particulièrement attentifs à leurs besoins individuels et consultent leurs médecins.

En somme, cette étude met en avant le pouvoir de l’exercice comme un actif précieux et accessible pour améliorer la survie des patients atteints de cancer, ouvrant la voie vers une prise en charge plus holistique et intégrée de cette maladie. La prévention par l’exercice devient ainsi un élément incontournable des recommandations de santé publique, une approche qui pourrait sauver encore plus de vies dans les années à venir.



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