En 1997, Warner Bros. a proposé à Blockbuster un accord d’exclusivité pour la location de DVDs. Ce partenariat, qui s’inspirait du modèle de la VHS, promettait un partage de revenus de 60% pour la chaîne de vidéoclubs. Cependant, Blockbuster a décliné, convaincu que la VHS continuerait de dominer le marché pendant encore de nombreuses années. En réponse, Warner a réduit considérablement les prix de gros de ses DVDs, permettant à Walmart de tirer profit de cette opportunité, dépassant Blockbuster en tant que principale source de revenus de Hollywood en moins d’une décennie.
L’arrivée du DVD
Le format DVD est arrivé sur le marché en 1997, promettant une meilleure qualité d’image, plus de durabilité et des fonctionnalités interactives. À cette époque, la VHS contrôlait 95% du marché vidéo domestique. En 1997, le secteur du VHS générait 10 milliards de dollars par an pour les studios, et Blockbuster captait environ la moitié de ces revenus. Les lecteurs DVD étaient coûteux, variant entre 300 et 500 dollars, alors que les lecteurs VHS étaient abordables. En conséquence, les ventes de DVDs ne dépasseraient celles de la VHS qu’en 2003, soit six ans après leur lancement.
La proposition de Warner
Warren Lieberfarb, responsable de la division vidéo domestique chez Warner Bros., a proposé à Blockbuster un contrat pour obtenir les droits exclusifs de location des nouveaux DVDs avant leur vente au public. Warner aurait reçu 40% des revenus provenant de la location. John Antioco, nouveau PDG de Blockbuster, était confronté à une décision qui allait influencer l’avenir de l’entreprise.
Le refus
Blockbuster a finalement rejeté la proposition, persuadé que la VHS resterait le leader indiscutable. Cette opinion, bien que mal avisée, était partagée à l’époque. Le coût de l’inventaire des DVDs semblait inutile tant que la VHS était profitable. Les échecs de formats antérieurs, comme le D-VHS de JVC, ont renforcé cette conviction. Toutefois, Blockbuster underestimated le soutien de Hollywood envers le DVD et la chute imminente des prix des lecteurs.
La réponse de Warner
Warner Bros. a rapidement agi en abaissant les prix de gros des DVDs pour rivaliser avec l’industrie de la location. Cela a permis aux détaillants de proposer des DVDs à des tarifs plus attractifs que la location. Walmart, réactif, a commencé à vendre des DVDs en dessous du prix coûtant, rendant l’achat d’un DVD plus séduisant que la location d’un VHS.
Le pouvoir de Walmart
La puissance de distribution de Walmart était inégalable. Avec des accords particuliers avec les fournisseurs, Walmart pouvait absorber les pertes liées aux DVDs. En moins de dix ans, Walmart a supplanté Blockbuster comme principale source de revenus, redéfinissant le paysage commercial de l’industrie : les grandes surfaces sont devenues le centre névralgique des ventes, reléguant les vidéoclubs au second plan.
Blockbuster en chute libre
Les erreurs de Blockbuster ne se sont pas arrêtées là. En 2000, lorsque Reed Hastings et Marc Randolph ont proposé d’acheter leur service de location de DVDs par correspondance pour 50 millions de dollars, Antioco a dit non. Dix ans plus tard, Blockbuster a déposé le bilan tandis que Netflix se valorisait à plusieurs milliards.

Les leçons à tirer
Ce scénario rappelle d’autres transitions technologiques où des entreprises dominant le marché ont sous-estimé la rapidité d’adoption des nouvelles technologies par le public. La croyance que le Blu-ray resterait pertinent face au streaming en est un exemple. Alors que de nouvelles innovations comme l’intelligence artificielle émergent, la question reste ouverte : qui sera le prochain géant à faiblir ?
Cabecera | Stu pendousmat
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