Réforme sur les Krankschreibungen : Une controverse au cœur de la coalition

La récente proposition de réforme concernant les Krankschreibungen (certificats de maladie) suscite un vif débat. Le gouvernement, composé de l’Union et du SPD, vise à réduire le taux d’absence au travail. Cependant, de nombreux professionnels de la santé, ainsi que des membres du SPD, remettent en question l’efficacité et la nécessité de ces mesures.

Pourquoi la coalition souhaite-t-elle agir ?

Le leader de l’Union, Jens Spahn, évoque des statistiques alarmantes : en moyenne, chaque employé allemand s’absente environ 18 jours par an. Cela soulève des inquiétudes quant à la santé des travailleurs allemands. La coalition estime que les nouvelles règles inciteront ceux qui hésitent à aller travailler sans véritable raison médicale à se rendre au bureau.

Parallèlement, le chancelier Friedrich Merz défend la réforme en affirmant qu’elle représente un retour à des pratiques antérieures à la pandémie de COVID-19, lorsque les employés n’étaient pas tenus d’obtenir un certificat médical dès le premier jour d’absence.

Les changements proposés

Deux principales modifications sont à l’étude :

  • Abrogation de la Krankschreibung téléphonique introduite pendant la pandémie.
  • Rendre l’obtention d’un certificat médical obligatoire dès le premier jour de maladie.

Qu’est-ce qui est encore incertain ?

Diverses interrogations subsistent quant à l’application de ces nouvelles règles. Par exemple, le porte-parole du gouvernement a précisé qu’il n’est pas encore évident que les employés devront consulter un médecin dès le premier jour d’absence. Les détails de cette exigence seront précisés lors du processus législatif.

Les inquiétudes des médecins

Les professionnels de la santé, notamment le président de l’Association des médecins de famille, Markus Blumenthal-Beier, expriment leur préoccupation. Il anticipe une affluence de millions de patients dans les cabinets déjà submergés, notamment ceux qui cherchent uniquement un certificat. Cela pourrait entraîner de longs délais d’attente pour ceux réellement malades.

Les effets de la Krankschreibung téléphonique

Une question clé émerge : la Krankschreibung téléphonique a-t-elle contribué à une augmentation des absences au travail ? Si le chancelier affirme que c’est le cas, de nombreux médecins contestent ce point de vue. Selon diverses études, une infime proportion, entre 0,8 % et 1,2 %, des certificats de maladie proviennent de cet appel téléphonique.

Les réactions parmi les membres du SPD

Au sein de la coalition, une critique se fait entendre. Le député du SPD, Christos Pantazis, appelle à des fondements scientifiques solides pour soutenir les réformes, arguant qu’il n’existe pas de preuves concluantes liant la Krankschreibung téléphonique à un taux d’absence plus élevé. Le SPD souligne également que ce compromis, face à des demandes plus drastiques de l’Union, nécessite une mise en œuvre soigneusement réfléchie.

Impact sur les délais d’attente chez les spécialistes

Une autre proposition moins discutée vise à instaurer une garantie de rendez-vous chez les spécialistes pour lutter contre les longues périodes d’attente. Les patients doivent souvent patienter plus de quatre semaines pour un rendez-vous. Le gouvernement espère que la réorganisation des références par les médecins généralistes améliorera l’accès aux soins spécialisés.

Cependant, tout comme pour les règlements sur les certificats médicaux, la mise en œuvre concrète de cette garantie de rendez-vous reste floue.



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