Le tout dernier survivant du tristement célèbre massacre d’Oradour-sur-Glane est décédé. Sa famille l’a annoncé samedi. Robert Hébras avait 97 ans. En souvenir des événements horribles d’Oradour-sur-Glane, le vieux village est resté complètement intact par la suite, comme un témoin silencieux de l’une des pages les plus sombres de l’histoire de la guerre française.

Le village français du département de la Haute-Vienne, à environ 20 kilomètres au nord-ouest de la ville de Limoges, a été le théâtre de l’un des massacres les plus notoires commis par les SS allemands pendant la Seconde Guerre mondiale. Le 10 juin 1944, quelques jours après l’invasion des Alliés, les soldats d’un régiment blindé Waffen-SS anéantirent tout le village en quelques heures.

Les troupes allemandes ont d’abord regroupé les habitants d’Oradour sur la place du marché. Les femmes et les enfants étaient enfermés dans l’église, les hommes étaient entassés dans les étables et les granges. Les soldats de la Waffen-SS ont alors incendié tous les bâtiments du village. Certaines des victimes ont été abattues, la plupart ont été brûlées vives. Au total, pas moins de 642 personnes sont mortes, dont de nombreuses femmes et enfants.

Emmanuel Macron, alors candidat à la présidence, s’entretient avec le survivant Robert Hébras à Oradour-sur-Glane en 2017. © ep

Seules six personnes ont échappé. Aussi Robert Hébras, alors âgé de 18 ans. Il a réussi à s’échapper, bien que blessé, d’un hangar où lui et une soixantaine d’autres avaient été emprisonnés par les SS. Après une heure d’attente anxieuse, les Allemands ont d’abord tiré sur la grange avec des fusils automatiques. Le bâtiment a ensuite été incendié. Les six rescapés du drame se trouvaient tous dans ce hangar, cachés sous les cadavres.

Robert lui-même avait reçu une balle dans la poitrine ainsi que dans la jambe et le bras, mais a réussi à ramper hors de la grange à temps pour l’incendie et à atteindre un hameau voisin. Sa mère et deux de ses sœurs, Georgette et Denise, sont décédées dans l’église du village. Il se trouve que son père et une troisième sœur n’étaient pas au village ce jour-là. Robert Hébras a consacré toute sa vie à commémorer les violences de la guerre.

Oradour-sur-Glane, village martyr de la Seconde Guerre mondiale sur une photo prise le 10 juin 1944.
Oradour-sur-Glane, village martyr de la Seconde Guerre mondiale sur une photo prise le 10 juin 1944. ©AFP

Le massacre d’Oradour-sur-Glane a été l’un des crimes de guerre allemands les plus notoires commis en France pendant la Seconde Guerre mondiale. Le village reste tel qu’il a été laissé par les nazis en juin 1944.

Le village a été laissé intact par la suite.
Le village a été laissé intact par la suite. © Ambroise Tezenas / Dewi Lewis Publishing

Robert Hébras, l'un des seuls rescapés du drame de 2015.
Robert Hébras, l’un des seuls rescapés du drame de 2015. ©AFP

Image d'Oradour-sur-Glane.
Image d’Oradour-sur-Glane. ©AFP





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