Elle est partie après avoir écrit l’histoire entre poutres et barres parallèles. Entre-temps, deux autres vies : à 20 ans elle survit après avoir été déportée par les SS, à 36 ans elle se retire en Israël pour échapper à la révolution et abandonne toute activité compétitive. À ce jour, elle était la championne olympique vivante la plus âgée et reste la juive la plus titrée.

Une très longue vie qui reconnecte une trace s’étendant sur deux siècles, ou plutôt plusieurs vies préservées dans une seule existence, celle d’Agnès Keleti, gymnaste hongroise d’origine juive. Dans une semaine, jeudi prochain, elle aurait eu 104 ans, elle a été une gymnaste extraordinaire dans les années 40 et 50. Dans son cabinet il y a 10 médailles – dont 5 d’or – remportées aux Jeux Olympiques. Jusqu’à quatre-vingt-dix ans, elle s’entraînait encore une heure par jour, grand écart compris. La vie l’avait mise à rude épreuve à plusieurs reprises, mais c’était comme si toute la douleur qu’elle avait éprouvée s’était envolée, avec un coup de vent. Dans l’une de ses dernières interviews, il y a quelques années, face à un journaliste qui lui demandait de renouer les fils du passé, elle répondait avec un sourire : “Le passé est le passé, parlons maintenant de l’avenir”.



ttn-fr-4