R.risquer de rester coincé dans un cercle fermé de pauvreté et de marginalisation, les garçons et les filles du ZEN de Palerme : même la ville, vue de là, est un endroit lointain et lointain, où l’on ne va jamais. Et il est donc normal de ne même pas pouvoir imaginer un avenir au-delà quart. Ce qui est toujours, dans l’actualité, le « quartier difficile » : marqué par la dégradation, où les bâtiments sont vétustes, les services inexistants, l’illégalité généralisée. «La Putìa des rêves»ou boutique de rêve, nouvelle demeure de l’Arbre de Viequi vient d’être inauguré, illumine “le quartier difficile” avec différentes couleurs et possibilités. Dans un espace volé à la mafia, restitué à la communauté et décoré – en façade – de fresque murale du street artiste de Palerme Igor Scalisi Palminterice sera un laboratoire rien que pour eux. Un lieu où les jeunes pourront, grâce au soutien de professionnels et artisans, imaginer et se construire un avenir meilleur. ET se libérer du stigmate d’être toujours des « enfants zen ».
« La Putìa dei Sogni », dans le quartier ZEN de Palerme, un atelier de rédemption pour garçons et filles. Comme Clara
Ce n’est pas rien. Ce n’était pas le cas de Clara, élève modèle au lycée des Sciences humaines mais toujours déplacée partout, justement à cause de l’image négative qu’elle s’attribuait en raison de son origine géographique. «Imaginez si mes collègues ou professeurs apprenaient que je venais du Zen», a-t-il déclaré. Les travailleurs de Tree of Life ont travaillé avec elle sur cette perception de stigmatisation. Tout en rassurant les parents, au chômage et avec quatre enfants, en choisissant d’accompagner la jeune fille dans ses études.
Le « quartier difficile » par excellence
C’est une histoire comme beaucoup d’autres chez ZEN, acronyme de Northern Expansion Zone. Grand quartier populaire créé à Palerme pour les familles les moins riches du centre historique, imaginé extraordinaire par le grand architecte Vittorio Gregotti, en réalité il est devenu une cage : « la banlieue » – au sens péjoratif – par excellence. Né mal et élevé pire. Le symbole de l’échec d’une politique d’urbanisme de longue date, malgré la présence de nombreuses associations importantes qui œuvrent aujourd’hui sans relâche dans le quartier. Mais si la stigmatisation du ZEN est un phénomène auto-entretenu, alimenté par les médias, l’histoire de Putìa dei Sogni qui vient de commencer va dans une autre direction.
La façade de la Putìa des rêves se démarque, colorée, parmi les bâtiments du Zen 2 à Palerme
Un espace pour la jeunesse zen et une sauvegarde de la légalité
Faisant l’objet d’un long processus de réaménagement qui a duré environ trois ans avec le soutien d’un donateur privé et d’Enel Cuore (l’organisation à but non lucratif du Groupe Enel), son ouverture au coeur du ZEN «est une bonne nouvelle pour toute la ville»a commenté la conseillère Rosalia Pennino de la municipalité de Palerme. Pas seulement un espace physique, mais « un lieu de découverte, de sensibilisation et d’accueil pour les « enfants du ZEN »» comme l’explique le président de L’Albero della Vita, Salvatore Angelico. «L’une des valeurs fondatrices de la Fondation est en effet la conscience que ces “enfants” sont en quelque sorte aussi les nôtres et que nous avons tous des responsabilités à leur égard».
L’objectif est de les accompagner sur leur chemin unique et personnel de croissance et de prise de conscience. Et comme l’explique Giovanni Truglio, général des carabiniers « Chaque garçon qui trouve sa voie est une victoire pour la dignité du travail contre le chantage de la marginalisation et de l’illégalité».
L’œuvre de l’artiste Igor Scalisi Palminteri réalisée sur la façade principale de la Putìa donne le sens de la Putìa. Il représente les rêves d’un adolescent qui, du tiroir où ils avaient été fermés, se libère enfin, en forme de fleurs colorées, qui rappellent celles des parois internes du Putia.
Et, comme toutes les œuvres du street artiste palermitain dans les quartiers à haut risque d’exclusion sociale (comme celle de Parc vert de Caivano), a transformé le paysage urbain en apportant un message de responsabilité. «Un appel à prendre soin des lieux fragiles qui sont une périphérie sociale et spirituelle».
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