Dans le rave-électro-punk, ça gargouille et cogne comme dans la chambre d’enfant d’un jeune imaginaire.
Ah, le grand Torsun Burkhardt. Avant même de connaître son ancien groupe Egotronic, j’étais enthousiasmé par son “Büttenrede zu Dresden” sur YouTube, sur le bombardement de Dresde en 1945 et sa réception par les victimes cultistes de tous bords et les militants Pegida. Un chef-d’œuvre, aussi poétiquement. Egotronic, le chatoyant groupe électropunk berlinois qui s’est finalement séparé en 2022 après 20 ans, était politiquement très actif.
Voyageant à gauche théoriquement et pratiquement, elle jouait sur le clavier du punk ainsi que sur le son cultivé de la Gameboy, qui avait un effet incroyablement intergénérationnel. Maintenant, Torsun, avec sa femme Sina Synapse et un autre compagnon d’armes, est sur la route sous le nom de Torsun & the Stereotronics et continue d’écrire l’histoire de son cosmos musical personnel.
Tu veux danser sur cette musique aussi bien en pyjama que dans ta robe pailletée
SONGS TO DISCUSS IN THERAPY modélise une jeunesse imaginaire qu’on ne peut pas vraiment classer car elle est en fait trop vieille. Le rave-électro-punk gargouille et claque comme dans une chambre d’enfant d’en fait déjà pubères qui veulent encore dormir dans leurs draps Naruto. Vous avez envie de danser sur cette musique en pyjama comme dans votre robe pailletée.
Le tout est parfois tellement années 90 que ça donne les larmes aux yeux, mais pas que. Avec son chant féerique, Sina Synapse fait jouer à plusieurs reprises les éléments mélancoliques d’aujourd’hui, et on est touché quand elle dit : « Alors tout a basculé. Heureusement, il ne se drogue pas. Plus. » Dans sa cohérence, l’album rappelle l’équipe de Jean ALKOMERZ, mais il en redemande. Il veut des sentiments et de l’amour et de la beauté !

