Lastre fiscal à la natalité : La situation en Espagne
Une préférenciel fiscal insuffisante pour les familles
L’Espagne se classe parmi les pays de l’OCDE offrant la moindre “préférence fiscale” pour les familles avec enfants. Selon le rapport Taxing Wages (Imposition des Salaires) récemment publié, la différence de la cuña fiscale — c’est-à-dire l’impact de l’IRPF et des cotisations sociales sur les salaires bruts — entre les familles avec enfants et les célibataires sans enfants est particulièrement faible.
Pression fiscale dans le pays
Les impôts et cotisations absorbent déjà 41,4 % du salaire brut d’un adulte sans enfants touchant un salaire moyen en Espagne. Cela représente une augmentation de trois dixièmes par rapport à l’année dernière, plaçant l’Espagne en dixième position parmi les 38 pays de l’OCDE en termes de pression fiscale. En comparaison, la moyenne de l’OCDE est de 35,1 %.
L’impact de l’IRPF et de l’inflation
L’augmentation de la cuña fiscale en Espagne est principalement due à la hausse de l’IRPF, plutôt qu’à celle des cotisations sociales. En parallèle, l’inflation a sérieusement affecté le pouvoir d’achat des familles. En effet, bien que les salaires bruts aient augmenté de 3,8 % en 2025, une fois l’inflation déduite, le salaire réel n’a augmenté que de 1,2 %. Ce phénomène a causé une perte de pouvoir d’achat de 0,3 %, un cas partagé par seulement six autres pays membres de l’OCDE.
Analyse de la cuña fiscale pour les familles
La cuña fiscale pour les familles où deux adultes travaillent et ont deux enfants est fixée à 38,7 % si l’un gagne un salaire moyen et l’autre 67 % de ce même salaire, et à 40,3 % si les deux perçoivent un salaire moyen. Si la famille est constituée de deux adultes et qu’un seul travaille, la fiscalité s’élève à 36,8 % de leurs revenus. Bien que ces chiffres soient inférieurs à ceux d’un adulte sans enfants, la différence de 4,6 points se range parmi les plus basses de l’OCDE.
Un désincentif fiscal à la natalité ?
Cette situation peut être interprétée comme un désincentif fiscal à la natalité. Dans un contexte où la population vieillit et où le nombre d’enfants par femme diminue, la faible préférence fiscale accordée aux familles pourrait avoir des répercussions significatives.
Tendances générales en matière d’imposition
Dans un panorama plus large, l’augmentation de la cuña fiscale en Espagne a été deux fois plus élevée que la moyenne de l’OCDE. En 2025, le fardeau fiscal a crû dans 24 pays, tandis qu’il a diminué dans 11, et est resté stable dans les autres.
Le lien entre fiscalité et pouvoir d’achat
L’augmentation de la cuña fiscale pèse sur les incitations à travailler et à embaucher, réduisant ainsi le salaire net et augmentant les coûts pour les employeurs. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, la cuña fiscale pour les types de ménages analysés a atteint son niveau le plus élevé depuis 2018.
Conclusions et observations
En somme, bien que les salaires réels aient augmenté dans 35 des 38 pays de l’OCDE, l’Espagne figure parmi les nations ayant subi une perte de pouvoir d’achat. L’OCDE a également noté que depuis l’an 2000, les pays ont accru la progressivité fiscale pour les ménages à revenu inférieur, tandis que peu de changements ont été observés pour ceux à revenu supérieur.
Cette étude soulève des questions cruciales sur la manière dont la fiscalité en Espagne pourrait influencer les choix familiaux et la natalité à long terme.
