La guerre de Russie contre l’identité ukrainienne
L’invasion russe a pour but ultime de liquider l’État ukrainien et de russifier l’Ukraine. Vladimir Poutine lui-même a exprimé cette intention dans un document publié le 12 juillet 2021, intitulé Sur l’unité historique des Russes et des Ukrainiens. Selon lui, les Ukrainiens et les Russes ne forment qu’un seul peuple, et l’Ukraine moderne serait le produit de la Russie bolchevique et communiste. Cette vision explique pourquoi l’État ukrainien est considéré comme «artificiel» par le Kremlin.
Destruction systématique de l’identité culturelle
Aujourd’hui, quatre ans après le début des hostilités, l’Ukraine résiste toujours à l’effacement, mais les attaques continuent de viser la destruction de l’identité ukrainienne. Le régime de Poutine a récemment bombardé plusieurs sites d’une grande valeur historique et culturelle, dont le monastère de Pechersk Lavra, un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO vieux de plus de 1 000 ans.
Ce bombardement a également touché d’autres institutions majeures comme le Mystetskyi Arsenal, un complexe muséal de 60 000 m², les studios de cinéma Dovzhenko, la salle de concerts Palatz Ukraina à Kiev, et le musée d’art de Kharkiv. Ces attaques s’inscrivent dans un schéma inquiétant : déjà 141 musées ont été ciblés et un total de 1 783 sites patrimoniaux ont été endommagés, selon le ministère de la Culture ukrainien.
Une stratégie d’effacement culturel
Les bombardements de Moscou ne sont donc pas des coïncidences, mais des actions délibérées. Plus précisément, 46 monuments historiques ont été totalement détruits. L’Institut Smithsonian a constaté que les objets culturels sont 20 % plus susceptibles d’être détruits que d’autres bâtiments civils, ce qui indique une volonté explicite de détruire le patrimoine culturel ukrainien. De plus, les autorités russes ont tenté de dissimuler la vérité, affirmant que le monastère avait été touché par un missile défectueux, alors que la réalité montre la présence de débris de drones russes.
La Russie, prétendue « défenseur de la chrétienté »
Ironie du sort, la Russie de Poutine se présente comme le « défenseur de la chrétienté » tout en bombardant des églises chrétiennes en Ukraine. Jusqu’à présent, 600 temples ont été attaqués, y compris la célèbre cathédrale de la Transfiguration à Odessa. Face à ce contexte de destruction, la gestion des œuvres d’art est critiquable ; le musée d’art de Kharkiv a perdu plus de 1 000 pièces endommagées lors des bombardements.
La guerre contre la mémoire
L’archéologue Amr Al-Azm a mis en lumière une distinction clé : tandis que l’État islamique détruisait pour effacer le passé, la Russie cherche à s’approprier l’histoire ou à montrer qu’elle n’a jamais été ukrainienne. Cette approche souligne la violence systématique d’une guerre contre la mémoire, destinée à remodeler l’identité culturelle de l’Ukraine.
