La fusion potentielle entre le BBVA et le Banco Sabadell tient en haleine le secteur bancaire espagnol. Alors que le délais d’acceptation pour l’OPA (offre publique d’achat) approche de sa fin, les dirigeants des deux institutions prennent des mesures proactives pour convaincre les actionnaires de soutenir cette initiative. Le président de BBVA , Carlos Torres , a récemment organisé une tournée à Barcelone dans le but de renforcer cette dynamique.
Lors d’une interview matinale diffusée sur Catalunya Radio , Torres a déclaré : “Beaucoup d’actionnaires n’arrêtent pas leur décision jusqu’aux derniers jours.” Il a exprimé sa confiance, affirmant que l’acceptation dépassera “amplement” 50 % du capital de Sabadell , ce qui éviterait toute nécessité pour la CNMV (Commission nationale du marché des valeurs mobilières) d’imposer une seconde OPA. Selon lui, cette deuxième étape n’apporterait aucun avantage par rapport à l’offre actuelle de canje (échange d’actions).
Au fil de ses rencontres avec les investisseurs, Torres a noté qu’aucun d’eux n’avait exprimé l’intention de se retirer du processus. “L’opinion recueillie parmi les actionnaires institutionnels et les professionnels de l’investissement est presque unanime”, a-t-il déclaré. Rappelons que la révélation des résultats finaux de l’OPA est attendue le 17 octobre . Il a également ajouté que BBVA conservait environ 2 % des actions de Banco Sabadell, dont 40 % des actionnaires avaient déjà accepté l’offre, contredisant ainsi les affirmations du CEO de Banco Sabadell, César González-Bueno , qui avait signalé un soutien n’atteignant pas 1 %. Cette divergence de chiffres met en lumière les incertitudes autour de cette fusion potentielle, exacerbées par les récentes déclarations lors du XVI Encuentro Financiero Expansión-KPMG .
Impression sur l’autorité du secteur technologique
Le cadre de cette conversation s’intensifie avec l’événement BBVA Spark Summit , qui s’est tenu récemment à Barcelone, où Torres a positionné l’importance croissante de la technologie au sein de l’industrie bancaire. Ce sommet annuel, dédié aux startups et au capital risque , a également été l’occasion pour BBVA de communiquer sur sa transformation numérique. Le président a souligné que la révolution de l’intelligence artificielle (IA) joue un rôle crucial dans cette transformation.
Torres a ainsi mentionné que le changement au sein de BBVA se fera grâce à huit robots , chacun dédié à des tâches spécifiques essentielles, telles que la gestion des clients, la gestion des risques, le développement de logiciels et la productivité des employés . Cette approche innovante montre que le BBVA ne se concentre pas uniquement sur l’expansion à travers des fusions, mais considère également la nécessité d’évoluer technologiquement dans un environnement de plus en plus concurrentiel.
Il a également fait des parallèles audacieux entre l’essor de l’IA et l’ explosion des dot-com , affirmant que, bien que certains soient sceptiques, l’impact de ces nouvelles technologies sur le secteur sera significatif. “Au départ, nous étions une minorité à croire que le canal numérique et mobile deviendrait une réalité”, a-t-il rappelé, soulignant son optimisme face à cette transformation inéluctable.
Vers l’avenir : un secteur en mutation
Lors du panel de discussion sur BBVA Spark , qui a vu la participation de Santiago Muguruza , directeur de BBVA Spark, Torres a partagé ses réflexions sur ses aspirations entrepreneuriales. S’il devait débuter une nouvelle carrière dans le cadre entrepreneurial, il se dirigerait vers le secteur énergétique , qu’il considère comme un domaine présentant les défis les plus significatifs à surmonter. Cela me rappelle l’importance d’aborder les questions écologiques dans le monde actuel et de considérer comment le secteur bancaire peut être un acteur clé dans la transition vers une économie plus durable.
Dans un contexte où le monde financier est en pleine mutation, à la fois par les fusions et l’uppance de la technologie, la nécessité d’innovation devient manifeste. Les institutions financières doivent s’adapter aux nouvelles dynamiques du marché tout en s’assurant de maintenir la confiance des investisseurs, ce qui expliquerait la détermination de Torres à garantir l’alignement des actionnaires autour de l’OPA pour Banco Sabadell.
Alors que le rythme de la transformation numérique s’accélère, les banques devront inévitablement trouver un équilibre entre l’innovation continue et la consolidation de leur position sur le marché. Le jeu d’influence orchestré par Torres et son équipe pourrait bien déterminer non seulement l’avenir de BBVA et Banco Sabadell, mais aussi le paysage bancaire espagnol dans son ensemble.
